La rébellion des talibans financée par l’héroïne
Agence France-Presse
Les talibans et des milices privées afghanes tirent de laboratoires artisanaux de fabrication d’héroïne les grands profits qui permettent de financer la rébellion contre le gouvernement de Kaboul et ses alliés occidentaux, a affirmé mardi à Bruxelles un haut responsable américain.
Avec la complicité occasionnelle de fonctionnaires, ces groupes exportent ensuite la drogue vers l’Europe, par des filières transitant surtout par l’Iran ou le Pakistan, voire la Russie et la Chine, a précisé devant la presse John Walters, directeur du service américain chargé de contrôler le trafic de stupéfiants.
L’intérêt pour les rebelles afghans, chassés de Kaboul en 2001, de raffiner eux-mêmes ce produit fini à haute valeur ajoutée qu’est l’héroïne, avant de le vendre, est de maximiser leurs bénéfices, a-t-il souligné.
«Ces centres de traitement itinérants» se concentrent dans les provinces méridionales d’Helmand, de Kandahar et de Nimroz, a expliqué M. Walters, venu à Bruxelles pour des entretiens avec des responsables de l’Union européenne et de l’OTAN.
«Ces laboratoires sont faciles à déplacer. Ils ne sont pas encombrés de cornues et de fioles de verre. On y trouve essentiellement des bidons de produits chimiques et des pains d’opium, qui sont mélangés dans des sortes de cuisines malpropres, ou des garages destinés à des vidanges», a-t-il indiqué.
L’Afghanistan produit plus de 90% de l’opium mondial, avec un chiffre record de quelque 6.100 tonnes en 2006, selon des évaluations de l’ONU.
Le sud du pays, où règne l’insécurité et où les troupes de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) commandée par l’OTAN se heurtent depuis près d’un an aux talibans et aux trafiquants qui sont leurs alliés, est la principale zone de production.
Mots-clés : Asie, Héroïne
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