ONUSIDA : l’exclusion et la stigmatisation des toxicomanes dans la prévention du VIH sont toujours largement répandues


Malgré un engagement politique et un financement accrus pour la riposte au sida, la plupart des personnes qui s’injectent des drogues se voient toujours refuser l’accès à des services de base pour la prévention et le traitement du VIH, a annoncé le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) lors de la 18e Conférence sur la réduction des risques liés aux drogues qui se tient en Pologne.

 « Le nombre de personnes qui s’injectent des drogues sur le plan mondial a été estimé à plus de 13 millions à la fin de 2005, et pourtant 8% seulement ont accès à un service de prévention du VIH, quel qu’il soit », déplore un communiqué publié aujourd’hui à Varsovie.

L’accès à la thérapie antirétrovirale parmi ce groupe est anormalement faible, en partie à cause du manque d’information, de l’exclusion et de la stigmatisation et la discrimination largement répandues, souligne ONUSIDA.

 «Près de 10% de toutes les nouvelles infections au VIH à travers le monde sont attribuables à la consommation de drogues injectables, si vous excluez l’Afrique, ce chiffre atteint 30%», a souligné Prasada Rao, Directeur régional de l’ONUSIDA pour l’Asie et le Pacifique, dans son discours lors de l’ouverture de la conférence.

 « Nous avons la preuve que les programmes de prévention du VIH sont particulièrement efficaces parmi les personnes qui s’injectent des drogues, mais elles se voient constamment refuser l’accès à l’information et aux services. »

La consommation de drogues injectables est reconnue comme un important mode de transmission du VIH en Asie du Sud-Est, en Asie centrale et en Europe orientale, mais comme le souligne le rapport d’activité du Secrétaire général des Nations Unies pour 2007, elle a récemment fait son apparition en tant que nouveau facteur d’infection par le VIH en Afrique subsaharienne, en particulier en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria et en RÉpublique-Unie de Tanzanie.

Les preuves et l’expérience démontrent que les programmes de lutte contre le VIH axés sur les consommateurs de drogues injectables font une différence.

Au Portugal, où les programmes de réduction des risques ont été considérablement intensifiés, les diagnostics de VIH parmi les consommateurs de drogues injectables ont baissé de près d’un tiers entre 2001 et 2005 après l’introduction de programmes ciblés de réduction des risques.

 « Les ressources financières doivent être utilisées de manière plus stratégique et plus innovante pour mettre des programmes de prévention plus efficaces à la disposition des personnes les plus exposées au risque d’infection par le VIH », a poursuivi M. Rao.

 «Dans les pays où la consommation de drogues injectables est le moteur de l’épidémie de sida, des programmes focalisés sur la réduction des risques atteignant les personnes qui s’injectent des drogues doivent être intégrés dans les plans nationaux de lutte contre le sida.»

En 2006, lors de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le sida qui a eu lieu à New York, les Etats Membres se sont engagés à se rapprocher de l’objectif de l’accès universel à la prévention et au traitement du VIH.

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