On va boire «light» cet été !


 «On va boire «light» cet été» titre LE PARISIEN qui souligne que dans les rayons des magasins la tendance est aux breuvages nettement allégés en sucre et en alcool. D’après le journal, Kronenbourg vient ainsi de lancer une bière avec un taux d’alcool réduit à 2° et 30% de calories en moins. Selon le directeur de la marque, « la méthode de fabrication visait à alléger le produit. La diminution du taux d’alcool n’a été qu’un effet induit» et il ajoute « nous voulons répondre aux attentes». Expliquant que le brasseur espère ainsi lutter contre la crainte des clients de grossir en buvant de la bière, le quotidien relève que pour lui «il s’agit d’augmenter la fréquence de consommation, notamment lors du déjeuner» et que «l’allégé est un nouveau moyen d’y parvenir». Le journal qui note que l’argument est repris par tous les liquides, vins compris, évoque un vin qui sera bientôt vendu dans les Monoprix et affiche un taux d’alcool de 10°. La créatrice du «nectar» assure « comme nous, beaucoup de collègues désalcoolisent leurs crus parfois jusqu’À 8° (. ..) même quand on boit deux verres, on reste tonique». Expliquant que la motivation est aussi économique car l’alcool, «mis à l’index par les campagnes de santé publique (…) n’a plus autant la cote chez les Français», le journal relève que cependant les alcoologues ne sont pas convaincus que l’allègement apporterait une réponse pertinente aux préoccupations de «ceux qui veillent à leur métabolisme».

A noter un entretien avec le Dr Alain Rigaud, président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie qui estime que «l’argument minceur ne tient pas pour le vin» car réduire son taux de 2°, ne fait gagner que 14 calories par verre. Se disant moins «radical» sur ce point pour la bière, il estime que la réduction À 2° correspond à une baisse calorique des deux tiers et à une diminution par deux du taux d’alcool ce qui «autorise à consommer deux fois plus avec un risque semblable par rapport au taux légal pour prendre le volant». Toutefois selon lui, «le risque existe» de consommer plus avec ces produits qui ciblent notamment «des jeunes femmes soucieuses de leur ligne» d’autant que le brasseur met en même temps sur le marché une bière «tout aussi extra fine» mais qui contient 4,5° d’alcool, d’où le risque pour le consommateur de «se faire facilement berner» et « d’être entraîné à boire une bière qu’il croit légère» mais qui «se révèle beaucoup plus forte en alcool». D’après l’alcoologue «ce brouillage des règles fait d’ailleurs peut-être partie de la stratégie marketing déployée».

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