Un local d’injection en plein coeur de la gare de Lausanne
Le temps d’une exposition, le hall de la gare accueillera une reconstitution d’un local d’injection. Le début choc de la campagne référendaire, même si les autorités s’en défendent.

C’est une salle d’injection intégralement reconstituée que les voyageurs découvriront bientôt en gare de Lausanne. Dès le 4 juin prochain et durant sept jours, une réplique de l’espace de consommation genevois Quai 9 trônera au cœur du hall principal.
Campagne lancée
Destinée avant tout à sensibiliser le public aux réalités d’une structure souvent méconnue, l’exposition «Risque» du photographe Serge Boulaz marque toutefois, malgré elle, le début de la campagne référendaire autour la création d’un bistrot social et d’un local d’injection dans la capitale vaudoise. Rappelons que les Lausannois seront appelés aux urnes le 8 juillet pour trancher dans ce dossier hautement émotionnel.
Directeur de la Sécurité sociale, Jean-Christophe Bourquin promet pourtant que cet événement était prévu de longue date déjà et qu’il ne s’agit «en aucun cas d’un outil de propagande de la municipalité». Au contraire, insiste même le magistrat socialiste. «Sur certaines personnes, cela pourrait avoir un effet de repoussoir. Peu importe. Ce que je souhaite avant tout, c’est que chacun puisse aller au-delà des antagonismes politiques qui se sont dessinés lors des débats et profite de se faire une idée claire sur ce qu’il va voter.»
Présente pour l’inauguration de l’exposition dont elle a financé le montage, la ville sera ensuite absente du site. Tout au long de la semaine, ce sont l’artiste et des intervenants sociaux qui répondront sur place aux questions des passants.
Les opposants ne croient pas au hasard
Du côté des opposants au local d’injection, on croit pourtant bien peu à la bonne foi du municipal et au fait que ce soit un hasard que cette exposition se tienne à cinq semaines seulement du passage devant les urnes. «C’est tout de même une drôle de coïncidence, ironise Françoise Longchamp, élue libérale et présidente du comité qui milite contre le local. C’est tout simplement de la propagande. J’espère seulement que la municipalité donnera autant de visibilité et de soutien financier aux opposants le moment venu. Car les autorités se doivent de représenter toute la population et pas uniquement une partie de l’opinion publique.»
Françoise Longchamp reconnaît néanmoins une qualité à cette démarche. «Elle permet à la population de ne pas avoir peur des toxicomanes.»
Des parcours de vie
Et c’est là précisément l’un des objectifs de Serge Boulaz : «Découvrir le parcours de vie qu’il y a derrière l’image souvent peu flatteuse qu’un toxicomane offre dans la rue aux passants.» A travers le cadre volontairement provocant d’une salle d’injection, l’artiste propose les témoignages sonores et les photos de personnes toxicodépendantes ayant fréquenté le Quai 9. Et c’est assis devant des tablettes qui, de coutume, servent aux injections, que le public pourra découvrir ces divers récits.
Après les gares de Cornavin et de Lausanne, cette exposition poursuivra sa route à l’Ecole lausannoise d’études sociales et pédagogiques, du 13 au 22 juin.
Site internet de l’exposition “RISQUE”
24heures.ch
Mots-clés : local d'injection, suisse
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