Lausanne : Le local d’injection divise même les médecins
Partisans et opposants au «shootoir» lancent cette semaine leur campagne pour la votation du 8 juillet.
Ce jour-là , les Lausannois diront s’ils veulent ou non d’un espace de consommation doublé d’un bistrot social à la rue César-Roux. Le sujet est délicat. Au point d’opposer deux médecins familiers de la question. Interviews.
«Ce local ne résout rien»
CONTRE. Thi Nguyen est médecin et conseiller communal libéral. Ce local est pour lui «inutile».
- Pourquoi le projet est-il une mauvaise idée?
- Pour que les toxicomanes s’en sortent, il faut qu’ils arrêtent de fréquenter ce milieu. Un tel projet rend cette nécessité impossible. Pour diminuer la transmission de maladies infectieuses, d’autre part, la distribution de seringues suffit. Dans ce local, elle ne pourra même pas se faire de manière permanente vu qu’il ne sera pas ouvert tous les jours! Ce projet ne résout rien.
- A Genève, la salle d’injection a fait chuter les maladies infectieuses…
- Non! De plus, le nombre de drogués n’a pas diminué là -bas, ni celui des overdoses.
- Que proposez-vous d’autre, alors?
- L’argent dévolu au projet doit être versé aux institutions existantes, comme la fondation du Levant. Elle en a grandement besoin.
«Une Riponne sans drogués»
POUR. Solange Peters est médecin et conseillère communale socialiste. Lausanne est selon elle la dernière grande ville suisse à ne pas disposer d’un tel local.
- Ce local, où ne sera distribuée aucune substance, est-ce la seule solution?
- Non, mais cet espace de consommation est nécessaire. C’est le chaînon manquant d’un dispositif qui s’adresse à tous les toxicomanes.
- Ceux-ci ne sont pas unanimes sur sa nécessité…
- C’est vrai. Les toxicomanes qui s’en sont sortis sont parfois opposés au projet. Mais ils sont aussi mieux armés que d’autres, qui n’arrivent pas à se défaire de la drogue.
- Que deviendra la place de la Riponne si le projet est accepté?
- Il n’y aura plus de toxicomanes à la Riponne. La Ville ne sera plus permissive. Ce sont les faits qui le disent. A Bienne, le local d’injection a ainsi permis de réduire les rassemblements.
Source :
le Matin Bleu
Imprimer cet article


