Algérie : Les narcotrafiquants progressent sur le marché de la drogue


Le marché des narcotrafiquants connaît une tendance à la hausse perpétuelle et bat son plein dans la quasi-totalité des villes du pays. La quatrième capitale d’Algérie, Annaba, est en passe de devenir une véritable plaque tournante de la drogue, ce qui n’est pas sans conséquences sur l’économie et la politique du pays.

Trafic de drogue, blanchiment d’argent, terrorisme, corruption et crime organisé sont les grandes activités maffieuses qui font, malheureusement, anéantir la population algérienne. Or, ces fléaux ont vraisemblablement permis à de nombreux groupes d’individus de s’enrichir rapidement par des méthodes hors-la-loi. Ainsi, les statistiques officielles sur la toxicomanie et les saisies effectuées par les brigades des stups révèlent le développement crescendo de ce phénomène devenant un problème social avec, notamment, ses corollaires la violence et le crime.

Effectivement, malgré une lutte sans merci, le phénomène persiste parce que les réseaux sont bien organisés et ne cessent d’inonder le marché algérien et atteindre toutes les catégories de la société. Selon les informations recueillies auprès de certaines sources crédibles, la drogue la plus chère et la plus nocive est l’opium. 21 grammes de cette substance coûtent 2 500 DA, le kilogramme du kif traité vaut 150 000 DA, la plaquette rapporte jusqu’à 10 000 DA de bénéfice. Alors que s’agissant des drogues dures, l’héroïne et la cocaïne, 01 gramme de cette forte substance coûte plus de 5 000 DA.

Dans ce chapitre, il faut dire que les services de sécurité avouent leur impuissance faute de moyens et d’une législation répressive. Or, la toxicomanie a plusieurs causes et diverses conséquences sur la vie du consommateur. L’abus des drogues peut avoir des origines différentes, entre autres la pauvreté, la malvie, la délinquance, l’échec scolaire. Chaque jour, des centaines d’écoliers ne sont pas à l’abri de l’usage des drogues. Selon une enquête réalisée par une fondation nationale pour la promotion de la santé à travers de nombreux lycées algériens, 15% des élèves questionnés sur ce sujet avouent avoir touché au moins deux ou trois fois au kif dans leurs établissements.  20 % affirment consommer une fois par semaine cette substance. D’autre part, de nombreux autres jeunes, toutes tranches d’âge et issus de différents quartiers des cités populaires de la wilaya telles que Boukhadra, El Bouni Sidi Amar, Sidi Salem, Pont-Blanc 8-Mai-45, 11-Décembre-60, la place d’Armes et la Colonne, sans crainte de se faire arrêter en flagrant délit, vendent «leur marchandise» au vu et su de tous. Selon nos interlocuteurs, beaucoup de jeunes fournisseurs et ex-détenus, sans perspective d’avenir, ayant vécu des déchirures familiales sont facilement recrutés par les trafiquants de drogue dont certains réseaux puissants pour l’acheminement de grandes quantités à travers le territoire national, selon des sources sécuritaires.

Il est important de souligner que le rapport de la Gendarmerie nationale fait état de l’interception de 4 904 kg de kif traité entre la période de 2000 et 2007, soit 2 836 arrestations pour trafic de drogue. A cet effet, il faut dire que les différentes investigations menées par la police et la gendarmerie montrent que les opérations d’acheminement de la drogue à travers le territoire national se font à partir des frontières algéro-marocaines à bord de véhicules tout-terrains qui portent souvent de fausses plaques d’immatriculation. Les enquêtes des éléments de la gendarmerie révèlent que les étrangers impliqués dans le narcotrafic avec en tête les Marocaine (58%), suivis des Tunisiens (12%), puis des Nigériens (7%). En ce qui concerne les saisies de stupéfiants, à titre illustratif, la Rivotril et autres types de marques ont été récupérées par les services concernés. L’on précise que depuis cette même période,  près de 44 000 comprimés ont été trouvés chez des fournisseurs en majorité de jeunes chômeurs menant un train de vie des plus luxueux.

Selon toujours nos informateurs, des quantités moins importantes de cocaïne, d’héroïne, de pavot et d’opium ont été également saisies à l’Est algérien. Par ailleurs, nous avons appris auprès d’un médecin qui a requis l’anonymat que plusieurs de ses collègues sont des toxicomanes et consomment principalement des narcotiques tels que le Roch, hydrocodone, codéine oxycodone.

Dans ce contexte, il est à relever que les trafiquants de drogue ont bien développé leurs méthodes de planification à la suite de nombreux contrecoups subis sur la voie terrienne de la part les forces de sécurité. A présent, ils utilisent la voie maritime pour acheminer leur marchandise à destination par le moyen des zodiaques et de petites embarcations de pêche.

A noter qu’au mois de mai dernier, les éléments de la brigade de lutte contre la drogue de la Sûreté urbaine de la wilaya de Constantine ont réussi à arrêter un important réseau de dealers composé de 11 personnes âgées de 31 à 42 ans en possession d’une grosse quantité de 100 kilos de kif traité dissimulée à l’intérieur d’un véhicule de type Golf dont le propriétaire est un Oranais en provenance de Hamma Bouziane, a-t-on fait savoir de sources policières. A signaler aussi qu’une quantité importante de marchandise estimée à 862 kg de résine de cannabis provenant du Maroc a été interceptée au port d’Oran au moment de son embarcation sur un car-ferry à destination du port espagnol d’Alicante, en juin 2002. Tandis qu’au mois de mars de la même année, une autre quantité de 507 kg de kif était découverte dans une ferme située à Aïn Beïda.

Les convoyeurs devaient transporter, révèle-t-on, la marchandise depuis le Maroc en passant par Maghnia et Oran jusqu’à l’est du pays, notamment Annaba, Tébessa et Guelma. Relevons également que les services de sécurité en charge de la lutte contre la drogue sont parvenus à saisir près de 1,9 million de kilos de kif traité sur tout le territoire national. De nombreuses opérations coup-de-poing menées par les forces de l’ordre au chef-lieu de wilaya de Annaba durant l’exercice précédent se sont soldées par la prise de 20 kg de drogue découverts dans les communes de Sidi-Amar, El-Bouni, Sidi-Salem et Annaba. Certains dealers sont toujours en fuite, traqués et activement recherchés par les différents services de sécurité.

Source : L'image “http://premiereligne.ch/blog/wp-content/themes/glossyblue-1-3-fr/images/mini-blogroll.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. La Nouvelle république
Oki Faouzi

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