Drogue et violence: le ras-le-bol des Genevois
Une série de pétitions signées par des citoyens dénoncent le trafic de drogue et la criminalité dans les quartiers. Pour une fois d’accord, les députés de gauche et de droite demandent au gouvernement d’agir. La police annonce qu’elle mettra en place un dispositif renforcé sur les quais pour la saison d’été.
Depuis un an, les pétitions s’accumulent sur le bureau des députés genevois. Des milliers de citoyens disent leur ras-le-bol du trafic de drogue en pleine rue et de la violence qui l’accompagne.
Fait nouveau, le Grand Conseil a décidé à l’unanimité d’empoigner le problème. Lors de la séance du 15 juin, gauche et droite se sont mises d’accord pour regrouper en une motion unique cinq pétitions lancées par des habitants. Le texte voté par le parlement demande au Conseil d’Etat de prendre des mesures concrètes.
«Des pétitions sur le trafic de drogue et la violence nous parviennent régulièrement, explique la députée Verte Sylvia Leuenberger. Les citoyens ont peur de passer par certains endroits pour rentrer chez eux. La multiplication de ces témoignages nous a touchés. On sent une augmentation de la violence: des promeneurs, même baraqués, se font agresser et tabasser. On ne peut plus banaliser la situation.»
Dans une pétition, des habitants de la Servette décrivent des scènes surréalistes: «Un samedi à 11 h du matin, un enfant se fait proposer de la drogue à la sortie d’une grande surface. Comme il refuse, il se fait rudoyer par le dealer… Des personnes âgées sont obligées de passer par le garage pour rentrer chez elles, car les dealers s’installent devant l’entrée de leur immeuble.»
Aux Eaux-Vives, sorte de supermarché de la drogue, la violence est quotidienne (lire ci-contre). «Notre motion ne vise pas les simples sans-papiers, mais les dealers et les agresseurs, explique le radical Frédéric Hohl. Il faut leur rendre la vie impossible.»
Comment? De deux façons, selon Frédéric Hohl: «A moyen terme, il faut pousser la Confédération à signer des accords de réadmission avec les pays des délinquants, pour pouvoir les expulser. A plus court terme, il faut une action plus musclée de la police.»
Source : Tribune de Genève
Mots-clés : dealer, drogue, genève, pétition, violence
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