Une étude évalue les connaissances des Africains d’Ile-de-France sur le sida


Contrairement à une idée reçue, les personnes originaires d’Afrique subsaharienne vivant en Ile-de-France ont de bonnes connaissances sur le sida et le VIH, et se font plus dépister que la population générale. Rendue publique jeudi 28 juin, l’enquête de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) montre néanmoins que les femmes africaines sont dans une situation plus vulnérable et que persistent des discriminations à l’égard des séropositifs.

“Il s’agit de la première étude sur les connaissances et les comportements menée spécifiquement auprès de cette population, explique Philippe Lamoureux, directeur général de l’Inpes. Certains ont critiqué les études menées sur une base ethnique, mais nous en avons besoin pour être plus efficaces et connaître l’impact de nos campagnes de prévention ciblées.” L’enquête a été effectuée en Ile-de-France, lieu de résidence de 60 % des natifs d’Afrique subsaharienne et de 65 % des Africains ayant découvert leur séropositivité entre 2003 et 2005 ; 1 874 personnes, âgées de 18 à 49 ans, dont 52 % de femmes ont été sondées.

L’infection par le VIH n’est en rien banalisée. Les principaux modes de transmission du virus, de même que les traitements et leurs bénéfices, sont connus, mais de fausses croyances persistent : 33 % déclarent, par exemple, que l’infection peut être transmise par une piqûre de moustique. Le niveau de connaissances est fortement corrélé au degré de scolarisation. La situation de précarité sociale et administrative joue également défavorablement sur les connaissances et le recours au dépistage. Plus de 87 % des personnes interrogées considèrent le préservatif comme le moyen de protection le plus efficace. Cependant, 40 % des répondants estiment qu’il “incite à avoir plusieurs partenaires” et qu’il “crée des doutes sur le partenaire”. Si le taux d’utilisation du préservatif lors du premier rapport sexuel est inférieur à celui de la métropole ou des Antilles-Guyane, il a fortement progressé en quinze ans. Les femmes sont davantage confrontées au refus de l’utiliser que les hommes (69 % contre 50 %).

Fait notable, 65 % des natifs d’Afrique subsaharienne d’Ile-de-France ont déjà eu recours au test de dépistage, soit plus que la population de métropole (54 %) et que celle d’Antilles-Guyane (61,5 %).

par Paul Benkimoun

Source : Le Monde

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