Des patients deviennent accrocs aux somnifères

Près de la moitié des personnes âgées à qui on avait prescrit un somnifère lors d’un séjour à l’hôpital prennent toujours ce médicament six mois après leur retour à la maison, parce qu’elles sont devenues dépendantes du produit, selon une étude.Les somnifères, connus sous l’appellation de benzodiazépines et incluant des marques comme Valium et Ativan, sont associés à des effets secondaires indésirables comme la somnolence de jour, des problèmes cognitifs, des blessures dues à des chutes et des accidents de voiture.
Les benzodiazépines ont un autre effet important mais souvent négligé: leur consommation à long terme peut entraîner une dépendance, a souligné l’auteur de l’étude, le docteur Chaim Bail, de l’Institut de recherche en services de santé (IRSS) de Toronto, lundi.
Les effets des médicaments contre l’insomnie sont encore plus puissants lorsqu’ils sont combinés à d’autres médicaments d’ordonnance ou à l’alcool, a noté le chercheur, qui est également rattaché à l’hôpital St. Michael de Toronto.
Ce genre d’effet est amplifié chez les personnes âgées, a-t-il ajouté. «En réalité, pour ce type de personnes, qui n’ont jamais pris de benzodiazépines auparavant, c’est le début d’une consommation à long terme.»
L’étude révèle que le risque de devenir «accroc» à des médicaments qui font dormir est plus élevé chez les femmes et les patients admis aux soins intensifs ou à des services non chirurgicaux. Les patients dont l’hospitalisation est plus longue, qui sont atteints de plusieurs maladies, ont un passé d’alcoolisme ou qui prennent plusieurs médicaments courent aussi un risque accru de dépendance.
Selon le Dr Bell, les somnifères sont souvent administrés aux patients hospitalisés à cause de la difficulté qu’ont plusieurs d’entre eux à tomber dans les bras de Morphée ou à obtenir une bonne nuit de sommeil quand ils doivent composer avec les cliquetis des appareils de surveillance, les interventions d’infirmières venues prendre leurs signes vitaux et un environnement bruyant de manière générale.
Sevrer un patient accoutumé aux somnifères est «un processus intensif», mentionne le Dr Bell. «Ce n’est pas une expérience plaisante», c’est pourquoi l’idée est de ne pas les prescrire au départ, dit-il.
L’étude a été réalisée à partir de l’analyse des dossiers médicaux de patients ontariens âgés de 66 ans et plus, qui n’avaient pas pris de benzodiazépines au cours de l’année ayant précédé leur hospitalisation, entre avril 1992 et mars 2005.
Source : Canoë info
Mots-clés : benzodiazépine, étude, patient, somnifère
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