Drogués traqués à l’école
Le président de l’UDC Valais veut instaurer des tests d’urine. Le chef du Département de l’éducation s’insurge contre cette idée
Raphaël Filliez, le président de l’UDC Valais, est catégorique: «Le cannabis est un fléau qui met en danger l’avenir de la jeunesse suisse. Il entraîne notamment des troubles de la mémoire et de la concentration. D’où une augmentation de l’échec scolaire.» Pour lui, «la guerre contre le cannabis doit être totale»!
En guise de méthode radicale, il propose ainsi d’introduire un dépistage systématique du cannabis dans les écoles, par le biais d’un test d’urine. Cependant, «test systématique» ne signifie pas qu’il serait effectué tous les matins et pour tous les élèves. «On le ferait en cas de suspicion ou par un système aléatoire: par exemple, en tirant au sort un certain nombre d’élèves», explique Raphaël Filliez. «La menace du test devrait les inciter à arrêter; le but n’est pas d’attraper les fumeurs de joints», poursuit le politicien valaisan, en rappelant quelques chiffres révélateurs: en Suisse, près de la moitié des 15-19 ans avouent avoir consommé du cannabis et un quart sont devenus des consommateurs réguliers. «Les écoles et le Département de la santé publique doivent donc se sentir concernés par ce fléau», précise M. Filliez.
Pourtant, si Claude Roch, le chef du Département de l’éducation, note qu’il est contre le cannabis, il ajoute que «ce n’est pas à l’école de faire ce genre de dépistage. C’est le rôle des parents, leur responsabilité.» Même réticence du côté de la Ligue valaisanne contre les toxicomanies (LVT). «Que les écoles soient attentives à des signes de dysfonctionnement des élèves, c’est indispensable, mais faire du «flicage», c’est contre-indiqué. Quand on découvrira que x% des jeunes ont consommé, que se passera-t-il? On les évacuera juste pour faire plus propre?» s’exclame Jean-Daniel Barman, président de la LVT.
«La menace du test devrait inciter les élèves à arrêter; le but n’est pas d’attraper les fumeurs de joints»
Raphaël Filliez, président de l’UDC Valais
Certains parents favorables
Si certains parents désapprouvent cette idée de test systématique, d’autres se disent plutôt favorables, à l’instar de Patricia Reber, vice-présidente de la Fédération des associations de parents d’élèves du Valais: «Ce ne serait pas un mal, mais si certains parents s’y opposent, ce ne sera plus possible en vertu de la protection de la sphère privée.»
Source : Le Matin
Mots-clés : cannabis, dépistage, école, test, valais
Imprimer cet article


