Un comprimé Made in Canada
Autrefois importées, les pilules d’ecstasy sont aujourd’hui fabriquées dans des “superlaboratoires” canadiens pour ensuite être destinées aux marchés intérieur et extérieur.
C’est ce qu’on apprend à la lecture du Rapport sur la situation des drogues illicites au Canada - 2005 rédigé par le Gendarmerie royale du Canada.
“Il y a 10 ans, l’ecstasy n’était pas disponible en Amérique du Nord, principalement en raison de la faible demande, est-il mentionné. Avec l’apparition des raves à la fin des années 1990, la demande a connu une hausse vertigineuse et a été comblée par un approvisionnement abondant de comprimés arrivant de l’Europe de l’Est.”
Or, la situation a changé au cours de dernières années puisque la production se fait désormais au pays. “L’arrêt presque total des importations de l’Europe vers le Canada” a été constaté en 2004.
Cette production maison de drogues illicites dites “synthétiques” est devenue si préoccupante que les policiers canadiens en font “un enjeu prioritaire”.
Par ailleurs, la pureté du produit est décroissante depuis 2003 puisque de multiples substances ont été recensées par l’Agence de santé publique du Canada au cours des dernières années. Du coup, la quantité de MDMA, la molécule chimique principale de cette drogue, a diminué.
De plus, les “chimistes” ne font pas que la fabriquer pour la consommation intérieure. “L’augmentation croissante de la production d’ecstasy au Canada confirme le rôle du pays comme source d’approvisionnement importante des marchés internationaux”, est-il écrit.
La saturation du marché pour la drogue (puisque la demande reste stable) et l’accroissement du rôle du crime organisé dans le trafic à l’échelle mondiale expliqueraient cette tendance.
Les producteurs alimentent principalement les États-Unis, le Japon et l’Australie, d’après les nombreuses saisies effectuées par la police.
Qui fait quoi?
Toujours selon le document de la GRC, les réseaux criminels originaires de l’Asie du Sud-Est “ont la main-mise sur le trafic d’ecstasy partout dans le monde et ont pratiquement le monopole de la production au Canada.” Leurs laboratoires sont surtout situés en Ontario et en Colombie-Britannique.
Les producteurs importeraient désormais du MDP-2-P, un précurseur de la MDMA, directement de Chine. “Par conséquent, les exploitants des laboratoires clandestins ont considérablement réduit le nombre d’étapes de synthèses requises, augmentant ainsi leur productivité et réduisant dramatiquement le temps de production”, est-il rapporté.
En 2005, la police canadienne a identifié des groupes criminels de souche indo-canadiennes qui agissaient comme des transporteurs d’ecstasy vers nos voisins du Sud. Les autres groupes criminels actifs dans le trafic sont les bandes de motards criminalisées et les groupes originaires d’Israël, d’Europe, de la République dominicaine et de la Colombie.
“Des 51 laboratoires produisant des drogues synthétiques démantelés en 2005, 17 produisaient de l’ecstasy”, selon la GRC. Qualifiés de “superlaboratoires”, plusieurs avaient une capacité de production approchant “le niveau des usines.”
Source : Le Reflet
Mots-clés : canada, drogue, ecstasy, MDMA, production
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