Le Triangle de jade
Les talibans, à leur arrivée au pouvoir, en 1995, avaient certes tenté de faire arracher une partie des champs de pavots. Mais ces deux dernières années, au contraire, ils avaient, semble-t-il, fermé les yeux, afin de redresser un peu la situation économique de l’Afghanistan et de renflouer leurs propres caisses. Aujourd’hui, la chute du régime taliban change de nouveau la donne et menace l’approvisionnement en opium, ce qui fait monter les prix mondiaux de l’héroïne (un succédané de l’opium), explique The Bangkok Post : “Les barons de la drogue du Triangle d’or, cette région aux confins du Myanmar, de la Thaïlande et du Laos, ont demandé aux paysans des montagnes de planter du pavot.” Plus fort, les producteurs de méthamphétamine (on compterait pas moins de 61 laboratoires clandestins à la frontière thaïlandaise) pourraient abandonner leur activité pour retourner à la culture de l’opium…
Les ravages de l’héroïne ne touchent pas seulement les Occidentaux. Dans les pays producteurs, où les drogues sont forcément bon marché et où les services de santé publique sont déficients, même les plus pauvres sont atteints. Le reportage de The Observer, p. 34, sur les mines de jadéite - une forme de jade particulièrement rare - le montre ad nauseam : l’héroïne est devenue une façon de payer et d’achever ces travailleurs birmans sans espoir, qui creusent la terre des heures durant. Bien entendu, la junte au pouvoir au Myanmar elle-même tire profit du trafic d’opium et fait peu d’effort pour éradiquer le fléau.
Source : Courrier international
Mots-clés : afghanistan, asie, héroïne, opium
Imprimer cet article


