Un espoir pour se débarrasser du démon de la cocaïne


En lançant «Off Line!», un traitement destiné aux cocaïnomanes, Réseau Contact veut venir en aide aux personnes qui souhaitent contrôler, réduire ou arrêter leur consommation.

Les chiffres sont alarmants: rien qu’en ville de Berne, le nombre de consultations liées à la cocaïne a pris l’ascenseur. De dix personnes en 2000, elles étaient 97 l’année dernière à avoir demandé de l’aide à Réseau Contact. «La cocaïne est une substance très à la mode, constate Jakob Huber, directeur cantonal de Réseau Contact. Les consommateurs sont de plus en plus jeunes.» Le projet concerne les antennes de Bienne, Berne, Berthoud Langenthal et Thoune. L’offre s’adresse aux cocaïnomanes et à leurs proches. «Off Line!» consiste en une série de consultations ambulatoires orientées vers la recherche des solutions. Réseau Contact met également à disposition une ligne téléphonique gratuite afin de garantir une facilité d’accès à ces prestations. Un cours de prévention gratuit a également été mis sur pied. «Actuellement, en matière de drogues, nous sommes dans une situation de désintéressement politique», déplore le Dr Robert Hämmig, des Services psychiatriques universitaires de Berne, partenaires du projet.

Réseau Contact a puisé dans son budget de fonctionnement pour financer «Off Line!». Aux yeux de l’institution, il y avait urgence. «Il n’est pas inhabituel de voir des personnes de 16 ans s’annoncer chez nous», explique Rita Hubrich, directrice du centre de consultation de Berne.

Le traitement est destiné à quatre catégories de cocaïnomanes: les personnes qui ont une consommation non problématique (récréative sans incidences sur la vie privée et/ou professionnelle), les toxicomanes qui n’arrivent plus à contrôler leur consommation (souvent des «clubbers» qui mélangent avec de l’alcool), les polytoxicomanes (mélange avec opiacés et/ou cannabis) et les personnes qui suivent un traitement pour opiacés (par ex. méthadone) mais qui consomment aussi de la cocaïne.

En lançant «Off Line!», les responsables de Réseau Contact souhaitent avant tout faire de la prévention auprès des jeunes. «A vingt francs la dose, on ne peut plus considérer la cocaïne comme une drogue de luxe, note Robert Hämmig. Un adolescent peut facilement s’en procurer avec son argent de poche.»

Le traitement se déroule en plusieurs phases. Trois mois après la fin du dernier rendez-vous, un ultime entretien permettra aux collaborateurs de Réseau Contact de suivre les progrès du patient.

Pour bénéficier du traitement ou demander un conseil, composer le 0800 116 166 (numéro gratuit). Le cours de prévention débute le 30 août. Infos au 031 378 22 22 ou sur contact.bern@contactmail.ch

Augmentation à Bienne

La ville de Bienne ne fait pas exception: l’antenne régionale de Réseau Contact enregistre elle aussi une augmentation des consultations liées à la cocaïne. En 2006, douze personnes ont sonné à la porte de l’institution. «Le chiffre est en augmentation constante, observe Luigi Bertoli, responsable des consultations. Nous constatons un changement dans l’importance des substances déclarées «à problème». Le chanvre est en première position, la cocaïne en deuxième. L’héroïne, qui autrefois était la substance la plus répandue, pointe à la troisième place.» Les cocaïnomanes qui s’adressent à Réseau Contact Bienne appartiennent majoritairement à la scène ouverte de la drogue. Mais les choses changent, selon Luigi Bertoli: «Depuis une année, nous recevons des demandes d’hommes qui sont bien intégrés; ils ont un travail, un appartement, une femme, parfois des enfants. Ces personnes rencontrent soit des problèmes de couple, soit des soucis financiers.» Les cinq conseillers de l’antenne biennoise ont été formés à «Off Line!». «Ce traitement nous permettra de répondre aux besoins de manière structurée et en s’adaptant à la réalité des personnes dépendantes.

Source : Journal du Jura

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