L’Algérie, nouvel Eldorado des producteurs de cannabis?


D’importantes plantations de chanvre ont été découvertes ces derniers mois par la police. La consommation est, elle aussi, en hausse.

Les autorités algériennes tirent la sonnette d’alarme. Jusqu’ici pays de transit et de consommation, l’Algérie risque de devenir, à l’image du Maroc, un producteur de cannabis.

Régulièrement, depuis plusieurs mois, la gendarmerie algérienne fait état de découvertes d’importantes plantations de chanvre. En avril dernier, les gendarmes ont localisé une plantation à Adrar, dans l’extrême sud du pays, dans laquelle étaient cultivés plus de 16?000 pieds de cannabis. Les régions montagneuses, difficiles d’accès pour les forces de l’ordre, seraient également concernées par ce nouveau phénomène.

«Les saisies de drogues réalisées prouvent que des quantités significatives sont produites en Algérie, affirme Abdelmalek Sayeh, directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie. En particulier le cannabis, dont la culture dans le pays n’est plus un secret.»

Cette production locale vient s’ajouter aux quantités de plus en plus élevées en provenance de l’étranger. D’ici à la fin de l’année, les autorités prévoient de saisir au moins 15 tonnes de drogue. Un record pour ce pays qui, contrairement au voisin marocain, a été longtemps épargné par ce fléau. Désormais, les narcotrafiquants tentent de développer une culture locale du cannabis, pour alimenter le marché domestique et exporter vers l’Europe. Les trafiquants algériens sont très liés à leurs homologues marocains et la police a toujours fait état de connexions entre les narcotrafiquants et les groupes terroristes.

Les jeunes et les femmes

La consommation des drogues est également en forte hausse dans le pays. Durant les six premiers mois de 2007, la justice algérienne a traité 1061 affaires impliquant 1424 personnes, de nationalités algérienne et étrangère, essentiellement des Africains vivant en situation irrégulière dans le pays. Principales victimes de ces trafics: les adolescents et les femmes. Selon les autorités algériennes, 35% des personnes impliquées dans ces affaires sont des jeunes sans emploi âgés de 18 à 25 ans.

Les femmes, qui font face à des conditions de vie souvent difficiles, sont également de plus en plus nombreuses à consommer des drogues. Le terrorisme, en mobilisant les forces de sécurité algériennes, a favorisé l’augmentation des trafics dans le pays.

Source : Tribune de Genève

Mots-clés : , , , ,
Imprimer cet article Imprimer cet article

Liens et Informations

Entrer en lice en commentant, suivant ce que les autres ont a dire, ou en y référant depuis votre blog.


Autres articles
Cancer de l’intestin - alcool - étude
Les nouvelles routes du trafic de drogue

Commentaires de lecteurs

Désolé, les commentaires ne sont plus possibles.