Drogue: des experts pressent Ottawa de privilégier la science, pas l’idéologie
Un groupe de médecins, de scientifiques et de professionnels de la santé publique de premier plan s’en est pris au gouvernement fédéral mardi. Les experts lui reprochent de faire passer l’idéologie politique ou les préjugés avant les données de la science, lorsque vient le temps de décider de l’avenir d’un site d’injection de drogue supervisé à Vancouver.Le groupe, qui comprend des responsables de la santé de Colombie-Britannique, le directeur de la santé publique de Montréal et un éminent chercheur de l’Université McGill de Montréal, endosse un commentaire paru dans la revue «Open Medicine», selon lequel le site d’injection supervisé est jugé en vertu de normes différentes d’autres mesures de santé publique, en dépit du fait que de nombreuses recherches, publiées dans des journaux médicaux prestigieux, ont démontré qu’un tel programme est positif.
La santé de la nation est menacée si nos leaders ne tiennent pas compte de résultats de recherches simplement parce que ceux-ci vont à l’encontre d’un programme politique rigide gouverné par l’idéologie ou les préjugés, peut-on lire dans l’article écrit par le docteur Stephen Hwang.
Le chercheur de Toronto laisse entendre que si une intervention destinée à aider les diabétiques, par exemple, avait été évaluée de façon aussi positive par plus d’une vingtaine d’études scientifiques, elle serait immédiatement adoptée. Mais parce que les mesures visent à réduire les préjudices causés par la toxicomanie, les preuves scientifiques sont écartées, comme étant supposément insuffisantes.
En entrevue, le Dr Hwang a dit ne pas être favorable à la consommation de drogue, mais il ajoutait que les programmes conçus pour réduire les risques auxquels font face les consommateurs de drogue sont un élément important d’une démarche de désintoxication.
Le site supervisé «Insite» fonctionne grâce à une exemption juridique spéciale qui expire à la fin de 2007. Le gouvernement conservateur fédéral paraît réticent à prolonger ce programme.
Dans un discours prononcé lundi au congrès annuel de l’Assemblée médicale canadienne, le ministre de
Selon eux, le seul article connu qui mette en doute les avantages du site supervisé est une étude financée par
Source : Matinternet
voir aussi, en téléchargement sur le site : http://reductiondesmefaits.aitq.com/, l’article “Le gouvernement conservateur abolit le financement de la recherche sur l’Insite” in Revue VIH/sida, droit et politiques, volume 12, numéro 1, mai 2007, p. 19
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