Patients séropositifs : la discrimination perdure
Des médecins qui ne veulent pas soigner de séropositifs, des opérations refusées, une confidentialité brisée. Les cas de discrimination envers les personnes atteintes du VIH sont encore nombreux dans le milieu de la santé.
C’est ce que révèle un rapport commandé par l’Agence de santé publique du Canada et obtenu par
De jeunes hommes de 18 à 25 ans y relatent des situations où ils se sont sentis victimes de préjugés. Que ce soit au travail, dans leur famille ou leur groupe d’amis, les personnes porteuses du VIH font face à beaucoup de discrimination.
Le milieu de la santé n’y échappe pas. La situation s’améliore, mais il y a encore des ratés.
Certaines personnes séropositives rapportent qu’on leur a refusé des opérations non urgentes, des traitements ou des implants dentaires.
À mots couverts, on leur a fait comprendre que l’intervention n’était pas nécessaire puisque leur espérance de vie était réduite en raison du VIH.
Des professionnels de la santé, surtout des dentistes, refusent aussi de traiter des personnes séropositives. C’est particulièrement le cas dans les petites villes, où les préjugés face au sida sont plus répandus.
Des dentistes acceptent de soigner les séropositifs, mais à certaines conditions. Ainsi, l’une des personnes interrogées raconte que son dentiste lui donne toujours le dernier rendez-vous de la journée. De cette façon, les autres patients ne savent pas que le professionnel traite des personnes séropositives.
Ce genre de situation se vit aussi dans les hôpitaux, qui fixent souvent en fin de journée les opérations des personnes séropositives. «Il faut plus de temps pour nettoyer et stériliser l’équipement utilisé», leur explique-t-on.
L’Agence de santé publique du Canada veut mener une vaste campagne contre les préjugés face au VIH et au sida. Mais avant, elle devait mieux cibler les problèmes liés à la discrimination et aux préjugés.
C’est pourquoi elle a demandé au groupe de recherche Environics, le printemps dernier, de mener une enquête dans six villes canadiennes, dont Montréal. Des rencontres ont été organisées avec de jeunes hommes séropositifs. Ils ont fait état des problèmes qu’ils vivent, que ce soit pour obtenir des soins de santé, se trouver un emploi ou se loger.
Le rapport, qui a coûté 112 000$, a été remis à l’Agence en juin dernier. Il permettra de concevoir les messages de la campagne de sensibilisation. Aucune date n’est encore arrêtée pour le lancement de la campagne.
Directrice générale de
Beaucoup de travailleurs ne portent pas de gants dans les hôpitaux, souligne-t-elle. Ce devrait pourtant être la norme, pas seulement face à une personne séropositive. Au-delà du VIH, il y a un risque de transmission de l’hépatite C ou de bactéries, note Mme Primault.
C’est la même chose pour la stérilisation de l’équipement. Est-ce que le dentiste qui ne veut pas soigner une personne séropositive refuse parce qu’il sait qu’il ne respecte pas les normes universelles de stérilisation? demande-t-elle.
Source : Cyberpresse Canada
Mots-clés : canada, discrimination, rapport, séropositif, sida, Traitement, vih
Imprimer cet article


