Afrique: Baisse de la prévalence du VIH/SIDA


Nairobi, Kenya - Selon des chercheurs, la réduction de l’incidence du VIH/SIDA en Afrique pourrait être le signe de l’augmentation du nombre des décès dus à cette maladie et non le résultat de campagnes efficaces de lutte contre les nouvelles infections.

Ils estiment que la forte réduction de la prévalence du VIH/SIDA résulterait tout simplement des nombreux décès de personnes infectées par le virus, rien n’indiquant un accroissement du nombre de personnes traitées alors que les nouvelles infections continuent de progresser fortement.

Un expert en matière de santé de la reproduction de l’IPAS, une organisation internationale spécialisée dans les questions de santé féminine, Joachim Osur, a affirmé que la réduction de la prévalence du VIH/SIDA constatée au Kenya, en Ouganda et au Rwanda “n’est pas de bon augure”.

En août, le Kenya avait fait part d’une baisse du taux de prévalence du VIH/SIDA, chutant de 6,1 pour cent en 2006, à 5,1 pour cent en 2007, et d’un recul du nombre de nouvelles infections, de 60.000 à 55.000 au cours de la même période.

Ces statistiques démontrent que 151 Kenyans au moins sont infectés chaque jour par le VIH.

Le nombre de personnes décédées de la maladie est passé à 120.000, soit deux fois plus que celui des nouvelles infections, tandis que 53.000 personnes supplémentaires ont été sauvées de la mort grâce à un accès au traitement.

“La réduction de la prévalence du VIH/SIDA signifie que de nombreuses personnes infectées meurent de la maladie. Cela ne veut pas dire que la situation s’améliore”, a déclaré M. Osur au cours d’une conférence sur la santé de la reproduction organisé le week-end par Unity Media for Social Change (MESUC), une association regroupant des journalistes de l’Afrique de l’Est.

Organisée avec le soutien du Secrétariat du Commonwealth, basé à Londres, la conférence visait à susciter des débats d’orientation régionaux sur les questions touchant à la santé de la reproduction.

A cette occasion l’ancien directeur du Conseil national kenyan de lutte contre le SIDA (NACC), Patrick Orege, a déclaré à la presse que les nouvelles infections continuent d’enregistrer une progression exponentielle chez les adolescents et les femmes et que les politiques mises en œuvre pour régler le problème d’une meilleure couverture par le traitement avaient échoué.

La prévalence du VIH/SIDA se mesure au nombre de personnes souffrant de la maladie dans une localité donnée.

Les experts estiment que la baisse de la démographie dans les zones auparavant considérées à forte prévalence est révélatrice d’un fort exode des populations rurales vers les centres urbains ou d’une augmentation du nombre de décès.

L’Ouganda a réduit son taux de prévalence, qui était de près de 70 pour cent dans les années 1990, à 6,6 pour cent actuellement.

Pour sa part, l’ONUSIDA a attribué la baisse du taux de prévalence du VIH/SIDA aux “interventions spécifiques”, tout en avertissant que l’incapacité à distribuer les médicaments antirétroviraux demeure un problème auquel il convient de trouver une solution en Afrique.

Selon ONUSIDA, la pandémie va très probablement continuer de sévir pendant un certain temps en Afrique australe et orientale.

“Les baisses enregistrées en Ouganda et plus récemment au Kenya et au Zimbabwe confirment que l’épidémie peut répondre à une intervention spécifique ciblant le VIH”, souligne l’ONUSIDA.

Source : Panapress

Mots-clés : , , , ,
Imprimer cet article Imprimer cet article

Liens et Informations

Entrer en lice en commentant, suivant ce que les autres ont a dire, ou en y référant depuis votre blog.


Autres articles
Une étude qui rapporte
Lutte contre la drogue: Birmanie et Venezuela épinglés par Washington

Commentaires de lecteurs

Désolé, les commentaires ne sont plus possibles.