Mauvais trip pour les champignons
Hallucinogènes, ils pourraient être interdits aux Pays-Bas après une série d’accidents.

En vente libre aux Pays-Bas, les champignons hallucinogènes pourraient bientôt être interdits. Le Parlement néerlandais planche sur la question depuis la mort, en mars, de Gaëlle Caroff, une Française de 17 ans qui s’est jetée d’un pont d’Amsterdam après avoir mangé des champignons à psilocybine.
«Libérer l’esprit»
Une série d’incidents, depuis, a conforté les adeptes de l’interdiction. En juin, un touriste britannique s’est cassé les deux jambes en sautant par la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Le 14 juillet, la police a découvert un Français nu et couvert de sang, dans sa camionnette garée au bord d’un canal. Pour «libérer l’esprit» de son chien, l’homme a massacré l’animal au couteau de cuisine. Les magic mushrooms ont d’abord été mis en cause, une hypothèse ensuite récusée par la police. Une semaine plus tard, un Danois a fait du
«Le lien entre ces accidents et les champignons n’est pas prouvé», proteste Patrick, patron de When Nature Calls, l’un des trente smartshops d’Amsterdam, des points de vente spécialisés. A tous ses clients, il donne une feuille d’information sur la consommation des mushrooms : surtout pas de mélanges, à éviter en cas de psychose ou de dépression, manger beaucoup de sucre ou de la vitamine C en cas de mauvais trip.Depuis novembre 2002, les propriétaires de smartshops n’ont plus le droit de vendre les champignons autrement que frais. La mesure a été prise pour éviter les transformations douteuses, sous forme de poudre notamment. Annoncés en provenance d’Equateur, du Pérou ou de Colombie, les champignons sont vendus entre 13 et 17 euros, par petites boîtes de six. En fait, les différentes variétés sont cultivées dans quelques fermes, toutes situées aux Pays-Bas et contrôlées par l’inspection sanitaire. «C’est naturel, sans effet d’accoutumance et très marrant», assure le responsable de When Nature Calls. «Les champignons peuvent déclencher des psychoses», affirme au contraire Peter van Dijk, chercheur à l’Institut Trimbos sur la santé mentale et la toximanie.
«Touriste de la drogue»
En attendant la décision du Parlement, la ville d’Amsterdam a pris les devants. Job Cohen, son maire, a proposé, le 12 septembre, l’introduction d’un «temps de réflexion» obligatoire. Les acheteurs devraient patienter trois jours entre la commande et la livraison. Cette idée, si elle est adoptée, mettrait un frein sérieux à la consommation. Car les champignons hallucinogènes sont surtout recherchés par les «touristes de la drogue» qui viennent de Londres, Paris ou Bruxelles le temps d’un week-end.
Source : Libération
Mots-clés : amsterdam, champignons hallucinogènes, consommation, drogue, interdiction, pays-bas, santé mentale, vente
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