«La coke est devenue la drogue incontournable des années speed»
Technikart consacre un dossier à la «nouvelle ère» des «toxicos de la vitesse». Le mensuel qui a couru derrière les «marathoniens du tapis roulant» et tenté de suivre les adeptes de la « «fast culture» avec toujours plus de son, d’images et de sonneries de portable, affirme que «la coke est devenue la drogue incontournable des années speed».
Afin de comprendre le phénomène, le magazine propose une «excursion à 200 à l’heure dans une soirée speed». Gros plan sur l’appartement de «Bernard et Bianca», deux trentenaires parisiens, sans enfant, dont le premier est dessinateur et la seconde attachée de presse dans l’édition. «Avoir des gosses?» se défend Bernard «Plutôt crever, Bianca et moi on préfère claquer la thune des couches dans la dope». Après lecture d’un texto sur son portable Bernard prévient «j’ai rendez vous devant maître Kanter, j’ai des super cds 80», «traduction : le dealer revient à la charge». Panique soudaine de Bianca qui consulte elle aussi son portable «Faut trouver un plan B, Ben vient de nous planter».
D’après le journal, dès lors «quatre êtres humains se transforment instantanément en opérateurs téléphoniques» et «tout le monde attend un appel qui les ramène à la surface» jusqu’à ce que Ben réapparaisse enfin mais avec des «cds» qui ont grimpé à 100 euros. Insultes envers le dealer mais départ en «scoot» pour
A Bernard qui se «liquéfie intérieurement», Ben lâchera in fine «quatre petits paquets de «pure bombe» contre 400 euros». «Retour au bercail» où l’on attend l’arrivée de Bernard «comme celle du Messie en Terre Sainte». Et le journaliste de comprendre alors «un truc simple, celui qui a la coke a le pouvoir». Affirmant que «la meute» se jette sur le sachet ouvert sur la table, puis qu’un second paquet est ouvert, le magazine rapporte que la drogue faisant effet Bianca décide d’aller à l’anniversaire de Colette, une copine écrivain, dans une boîte de l’ouest parisien. Dans la boîte “saturée”, rencontre avec Amélie surnommée «Truffe à coke» qui assure «Je ne sors que s’il y a de la coke, si non c’est pas la peine. Depuis cinq, six ans, ce n’est plus le problème puisqu’il y en a partout. Même dans les lycées la coke a remplacé le bon vieux chichon. Le seul problème avec
Vision furtive d’un écrivain qui «passe à la télé» en train de tendre son paquet à celui qui l’édite pour préparer des lignes sniffées à tour de rôle. Décision de Bianca de rentrer «tout de suite» sans plus s’inquiéter de Colette. Retour à l’appartement où on retrouve les trois autres «vitrifiés à la même place, le nez dans la poudre, enchaînant en mode «repeat» les mêmes anecdotes que tout à l’heure». Diana qui dit avoir fui Londres «pour échapper à ce genre de soirées» avec «une nuit qui passe en deux secondes et après trois jours de dépression à ton taf», explique qu’à Londres «la grosse différence (…) c’est que le crack est devenu une drogue de bourges alors qu’ici ça reste un truc pourri pour les pauvres» et elle prédit «Mais je crois pas que ça va durer». Commentaire des journalistes «Le jour se lève, on file à l’anglaise en abandonnant derrière nous trois paires de narines qui pensent encore foncer dans la nuit alors qu’elles n’ont finalement fait que du surplace».
En encadré le journal assure que «moins chère, plus pure», «la coke a fini par écraser les autres drogues». Se souvenant «Nos parents nous avaient pourtant prévenus : la drogue c’est de la merde», le mensuel observe «pourtant rien à faire depuis les années 60 chaque génération plonge dedans à tour de rôle». Ainsi «1967 fut l’année de l’acide et de l’exploration, 1977 celle de l’héro et de l’autodestruction, 1989 fut utopique et ecstasiée» et une chose est sûre «la coke est la drogue des années 00».
Suivent les chiffres publiés par l’OFDT : 2,6% de consommateurs de cocaïne chez les 15-64 ans, 3,8% chez les 18-44 ans, une consommation qui se développe chez les jeunes dans un cadre festif urbain, mais aussi dans des milieux «devenus tellement larges et hétérogènes qu’il est difficile de dresser un portrait type du consommateur». Notant une progression de 7,5% des saisies de cocaïne entre 2003 et 2004 (qui fût une année record), le journal souligne que l’Europe est le deuxième marché après les Etats-Unis, le prix de vente d’un gramme de cocaïne étant estimé «entre 50 et 80 euros selon la qualité», un prix divisé par deux depuis 1995.
Tous éléments qui amènent à Technikart à conclure «Résultat : surchargée comme des mulets sud-américains, la génération 00 tourne en rond dans sa cage dorée sans chercher la moindre issue de secours. Dans les années à venir attendez vous donc à une recrudescence de monologues délirants («En fait je crois que Dieu a eu tort»), de crises de paranos («je te dis que mon portable est sur écoute») et de dépressions chroniques dans votre entourage. Bienvenue à Cokeland».
Source : M.I.L.D.T.
Mots-clés : cocaïne, consommation, culture, drogues, europe, france, jeunes, Paris, sniff, soirée
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