L’Ibogaïne


Depuis la mise en place du dispositif TREND en 1999, un développement significatif de l’usage des hallucinogènes naturels dans certaines sous-populations a été rapporté. Il semble en effet qu’il existe une vogue pour ce type de produits portée par l’engouement pour les produits d’origine naturelle et la recherche d’expérience de type chamanique et mystique.

En dehors des champignons hallucinogènes, qui ont atteint des niveaux d’expérimentation en population générale non négligeables (2,8% des 18-64 ans et 3,4% des 18-25 ans selon le Baromètre santé 2005), les plantes les plus consommées sont notamment la sauge divinatoire et l’ayahuasca (DMT). En revanche, l’usage hédoniste de l’ibogaïne* n’a pas été rapporté dans le cadre des populations observées par le dispositif TREND.

En 2005, le site de Toulouse signale un usage se réalisant exclusivement dans le cadre de stratégies thérapeutiques alternatives:

«C’est toujours au sein des groupes des personnes intéressées par les médecines alternatives et l’exploration des -plantes médicinales- qu’on rencontrera les quelques individu-e-s qui ont expérimenté ou prévoient de faire l’expérience de l’Iboga avec -chaman africain-. Plus que pour l’ayahuasca, l’expérience de l’Iboga est entreprise pour tenter d’en finir avec une dépendance, généralement à l’héroïne.»

L’étude qualitative menée en 2005 par le GRVS (Groupe de recherche sur la vulnérabilité sociale) sur les usages de champignons et de plantes hallucinogènes naturelles ne fait pas mention d’un usage significatif d’Iboga. Sur les 30 personnes interrogées sur leur consommation d’hallucinogènes naturels, une seule rapporte une expérimentation de cette substance. Le magazine Max, dans sa livraison du mois de février 2004 évoque l’iboga dans le cadre d’une enquête sur «les plantes qui collent au plafond». L’article fait état de l’expérience de trois consommateurs ayant fait usage de la plante. Il apparaît toutefois que cet usage a eu lieu hors des frontières de la France (en Afrique).

Il semble donc, au vu de tous ces éléments, qu’il n’existe pas, ou très marginalement, en France aujourd’hui de populations consommant de l’iboga à des fins récréatives.

L’ayahuasca, DMT

Aujourd’hui la substance qui se rapprocherait le plus de cette plante en termes d’effets recherchés est l’ayahusca, mixture de plantes contenant un principe hallucinogène de la famille des tryptamines le DMT. Depuis 1999, un usage, qui ne dépasse pas le cercle d’initiés, dans l’espace festif est rapporté par certains sites.

En 2003, seul le site de Toulouse donnait des précisions sur le profil des usagers :

«Deux sites, la Réunion et Toulouse mettent en avant des observations concernant l’usage de ce produit. Alors que dans le premier site, la consommation semble être anecdotique, dans le second, les observateurs font état d’un usage aussi bien de la forme végétale que synthétique. Les usagers concernés sont des personnes recherchant la consommation de produits hallucinogènes qui fréquenteraient parfois les manifestations festives du courant musical ‘trance’ et parfois des établissements festifs commerciaux de nuit. Le noyau dur de cette consommation serait le fait d’un groupe d’initiés âgés de plus de 30 ans, insérés socialement, amateurs d’expériences psychédéliques et toujours inscrits dans une démarche expérimentale de découvertes de nouveaux hallucinogènes. Tout au long de l’année nous avons observé son usage s’étendre au-delà de groupe d’initiés vers d’autres consommateurs.» (Extrait du cinquième rapport national du dispositif TREND, 2003)

En 2005, le même site constate une stagnation de la consommation du fait d’un problème d’offre et d’une prise de conscience des effets nocifs de l’ayahuasca :

«La diffusion du DMT semble stagner, si ce n’est diminuer. Il est disponible sur Internet pour qui le cherche, mais contrairement à l’année 2004, il ne suffit plus de googliser -buy 5 meo-DMT- pour trouver un site commercial. Toujours d’après les initiés, si la diffusion du DMT stagne, ce serait du à la particularité d’une substance puissante qui ne peut pas être diffusé comme du MDMA -L’expérience du DMT nécessiterait un accompagnement et certains trouvent dommage que des personnes aient vendu le DMT comme -une drogue banale-».

Extrait de l’article susmentionné de Max sur «les plantes qui collent au plafond»

L’iboga, la drogue qui remonte le temps

Au cœur des traditions spirituelles du Gabon se dresse un arbre mystérieux, le tabernanthe iboga, dont la racine contient un cocktail d’alcaloïdes. Après vous avoir mis KO, cette préparation amère vous entraîne dans un long voyage plein d’hallucinations multisensorielles. Destination: votre passé…

Source : OFDT - Toxico Québec

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