Femmes et dépendances
«Etes vous une femme addict ?» interroge Santé Magazine qui souligne que «la prise compulsive et irraisonnée de médicaments, d’alcool ou de nourriture est une maladie redoutable. D’autant plus taboue quand elle se vit au féminin».
D’après le magazine, les addictions féminines sont de plus en plus importantes, que ce soit des addictions comportementales ou à une substance. William Lowenstein, spécialiste des addictions, pour qui, «la dépendance est une maladie des émotions», affirme que les femmes sont entre 1,5 et 3 fois plus sujettes à l’angoisse que les hommes. Toutefois selon lui, «ces différences ne relèvent pas de distinctions constitutives» mais «résident principalement dans nos comportements sociaux et culturels».
Le journal qui se penche sur le stress des femmes qui ont des responsabilités professionnelles, doivent s’occuper des enfants et accomplissent des tâches domestiques, avec aussi une peur de l’avenir liée aux représentations d’une jeunesse et d’une beauté idéales, précise que cet équilibre émotionnel devient fragile si un événement de vie vient perturber le quotidien. Laure Charpentier, ancienne alcoolique et présidente de l’association SOS Alcool femmes, observe «un jour c’est la rencontre amoureuse avec une substance, comme moi avec l’alcool, et c’est la solution miracle à tous les soucis».
D’après W. Lowenstein, «La pharmaco dépendance et les troubles de comportement alimentaire touchent principalement les femmes». Indiquant que depuis 1980, les femmes consomment deux fois plus de médicaments que les hommes, le magazine explique que ce sont elles qui font les courses et qu’un «petit détour par la pharmacie est plus aisé» mais aussi que «prendre une petite gélule est moins culpabilisant qu’ouvrir une bouteille d’alcool», sachant de plus que l’abus d’alcool «peut faire grossir, rendre le visage bouffi». Notant que le diagnostic de dépendance est posé très tardivement chez les femmes, le mensuel rapporte ce témoignage de Christiane «parce que je buvais du bon vin, dans un joli verre, dans ma grande maison, ce n’était pas de l’alcoolisme chez moi».
D’après Santé magazine, «accepter de se faire soigner, c’est reconnaître publiquement que l’on va mal» ce qui pour Laure Charpentier «est très dur, encore plus pour une femme».
Suit une interview de Jean Claude Matysiak, chef de service d’addictologie à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges qui évoque l’addiction au travail, une addiction «difficile à repérer car (..) elle est assimilée à la performance et à la réussite», les signes en étant «le stress, mais aussi les insomnies, l’anxiété, une perturbation des relations avec l’entourage, les idées noires», et ses raisons tenant à la «détresse affective (le plus souvent), (la) faible estime de soi (…), une faille personnelle ancienne, (une) insatisfaction constante».
D’après le médecin, pour la femme, le danger consiste d’abord dans «un désintéressement de sa sphère privée : mari, enfants», sachant que «pour augmenter sa résistance au travail, elle peut prendre des produits stimulants et ensuite des médicaments pour dormir» ce qui a cette «conséquence grave pour les enfants (…) de leur instiller l’idée qu’il existe une solution chimique aux problèmes».
Estimant que «l’entourage doit se manifester sans relâche» sur le mode «tu en fais trop» ou «ton attitude n’est pas normale», il ajoute aussi «qu’une prise en charge médicale couplée d’une psychothérapie doit rendre sa juste place au travail».
Source : M.I.L.D.T.
Mots-clés : abus, addiction, Alcool, culture, dépendance, drogue, femme, médicaments, stimulant, travail
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