L’Association Française pour la Réduction des risques soutient ASUD dans un communiqué


C’est avec surprise et préoccupation que l’Association Française pour la Réduction des Risques (AFR) a pris connaissance du courrier de Monsieur Etienne Apaire, Président de la MILDT à l’association ASUD, refusant le financement de deux actions : la tenue des 4èmes EGUS (Etats Généraux des Usagers de drogues et de Substitution) ainsi qu’une recherche sur les traitements de substitution.

L’AFR rappelle que la Réduction des Risques est une approche pragmatique et humaniste de la problématique de l’usage des drogues. Elle a largement fait ses preuves et elle ne saurait se concevoir sans l’engagement et la participation des usagers eux-mêmes. L’AFR se déclare très préoccupée par ce rejet qui remet en cause la politique gouvernementale de ces dix dernières années. Est-ce pour nos adhérents une menace sur leurs actions à venir ?

La Réduction des Risques est une politique globale dont l’Auto-support est un pilier incontournable, d’autant plus lorsque la loi consacre le droit des usagers et le droits des malades comme pivot des politiques en matière sanitaire et sociale. La décision est alors d’autant plus incompréhensible à l’ensemble du mouvement, que ces EGUS permettent une expression des besoins des usagers et une plate-forme de débats avec les professionnels du soin et de la RdR indispensable à l’amélioration de la qualité des soins, de tous les soins.

La politique de Réduction des Risques et l’association ASUD sont nées dans les années noires de l’épidémie de SIDA et c’est l’alliance des usagers, des acteurs de la réduction des risques et des professionnels du soin qui a enrayée cette épidémie chez les usagers de drogues.

Aujourd’hui, alors que le SIDA n’est pas encore sous contrôle, une autre épidémie : l’hépatice C, est devant nous avec toutes ses conséquences, notamment chez les usagers de drogues. Pour se soigner du SIDA et maintenant du VHC, les usagers ont largement recours aux traitements de substitution sans lesquels, pour beaucoup, rien n’aurait été possible. Pour des dizaines de milliers d’entre eux ces traitements représentent une alternative pour recouvrer une vie sociale, familiale, professionnelle. Les résultats sont là et les EGUS concourent à l’amélioration de ces résultats par la tribune qu’ASUD a ouverte aux usagers utilisateurs de soins et aux professionnels dispensateurs de soins.

Se passer de cette tribune est une erreur. Nous demandons à la MILDT, et à travers elle à son président Monsieur Etienne APAIRE, de revoir sa décision et de soutenir le travail d’ASUD, dans la continuité de ce qu’elle a fait depuis 8 ans.

Source : AFR

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