Bilan mitigé pour le Plan Colombie
L’Initiative Merida tient à se démarquer de son grand frère, le Plan Colombie, dont les résultats prêtent à controverse.
Sept ans d’aide américaine et près de cinq milliards de dollars n’ont pas permis de venir à bout du trafic de drogue dans le pays andin, en proie à un interminable conflit armé.
Bogota avance pourtant des chiffres spectaculaires. Des dizaines de milliers d’hectares de cocaïers - l’arbuste dont on tire la cocaïne - ont été détruits par épandage aérien d’herbicide. Il y avait
Mais, côté résultats, les statistiques ne suivent pas. Le pays continue d’exporter quelque 600 tonnes de cocaïne par an. “Les producteurs de drogue ont réussi à neutraliser l’offensive menée par l’armée. Les surfaces cultivées de coca ont diminué, pas la production de cocaïne”, souligne M. Rangel. Les variétés de cocaïer ont été améliorées, permettant de doubler - voire de tripler - les rendements. Les cultures illicites se sont déplacées et disséminées, rendant plus difficile leur éradication. Si la répression se fait sentir sur un point du territoire, les cultures augmentent ailleurs.
“La guerre contre la drogue financée par les Américains a été menée dans les régions sous contrôle de la guérilla marxiste, laissant ailleurs les paramilitaires s’emparer du négoce”, note le spécialiste Ricardo Vargas. Le pouvoir corrupteur des narcotrafiquants, qui ne lésinent pas sur les moyens pour infiltrer l’armée et la police, reste immense. La lutte contre les cultures illicites est un échec, mais le Plan Colombie a eu un impact, rappelle M. Vargas : “Les mafias ont perdu le contrôle du trafic international, largement passé aux mains des cartels mexicains.” Le succès du Plan Colombie, c’est d’avoir rendu l’Initiative Merida nécessaire.
Source : Le Monde
Mots-clés : cocaïne, colombie, controverse, culture, drogue, Etats-Unis, lutte, mafias, militaire, police, production, répression, trafic
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