«Nuit blanche?» contribue aussi à la lutte contre la transmission du VIH et des IST


Que la fête reste belle jusqu’à la fin! «Nuit blanche?» est un programme de réduction des risques liés aux drogues légales et illégales con­sommées de manière récréative et en milieu festif, initié à Genève en 2005 par dix institu­tions issues des secteurs de la prévention et des addictions.

Il s’inscrit dans un ensemble d’initiatives menées en Suisse et hors de nos frontières dans le but de limiter les dommages relatifs à l’usage de substances psychoactives. «Nuit blanche?» va à la rencontre des fêtards dans les lieux où ils s’amusent: festivals de musique, discothèques, etc.

Concrètement, une équipe de profession­nels et de volontaires dans laquelle s’intègrent aussi des pairs en provenance du milieu festif, travaille lors des stands et interventions mobi­les ou alors à l’occasion d’événements festifs de grande envergure comme la Lake parade. En deux ans d’activités, plus de 80 personnes ont été spécifiquement formées pour participer à ces interventions.

Préservatifs, matériel ludique, ordinateurs pour tester son taux d’alcoolémie, kit sniff, tam­pons auriculaires, eau, flyers d’information et bien sûr accueil, écoute et entretiens sont les principaux outils utilisés pour aborder les problématiques liées à la consommation. Pour «Nuit blanche?», il est important de s’adapter aux personnes rencontrées, qu’elles soient non consommatrices, consommatrices occasionnelles ou consommatrices dépendantes, afin de transmettre les informations les plus adéquates possibles et de les orienter vers les différents services relais. «Nuit blanche?» pra­tique une approche non jugeante et elle est très bien acceptée par les fêtards et par les organisateurs. Tout au long de ces deux années d’activités et lors de la vingtaine d’événements annuels, «Nuit blanche?» a rencontré plusieurs milliers de personnes. Le site internet: www.nuit-blanche.ch est visité mensuellement par plus de 500 internautes.

La prévention du VIH/sida et des IST fait par­tie intégrante de ce concept de réduction des risques et «Nuit blanche?» bénéficie de l’appui et de l’expertise de son partenaire Groupe Sida Genève. La fête encourage souvent la rencontre et la consommation de substances peut favo­riser à son tour la prise des risques sexuels. Le préservatif est un matériel très demandé sur les stands et est un excellent support pour aborder les prises de risques possibles lorsque l’on est sous l’effet des produits.

L’originalité de ce programme tient essen­tiellement à la mise en commun des ressources et des compétences spécifiques des dix institu­tions partenaires qui permet de favoriser une approche globale de la réduction des risques. Cette alliance d’associations et de services étatiques représente une force vis-à-vis des autorités. Cela est particulièrement important lorsque l’on sait que certains milieux politi­ques s’évertuent à considérer chaque initiative de réduction des risques comme une incita­tion à faire usage de ces substances. Oui, «Nuit blanche?», au travers de ses diverses actions, souhaite que la fête ne soit pas gâchée par manque d’informations ou de soutien.

par Christophe Mani, directeur de Première ligne

Source : Swiss Aids News 5 | octobre 2007

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