15 novembre 2007 : 11ème Journée suisse sur les problèmes liés à l’alcool


Concept 2007

Alcool : Ne pas avoir honte d’une rechute, elle peut être une chance

Tenter de surmonter une alcoolodépendance exige de la persévérance. La plupart des personnes concernées connaissent des rechutes, certaines durant la période de sevrage et de thérapie déjà, d’autres des années plus tard. Les rechutes sont des moments de crise et constituent une expérience difficile, tant pour les personnes directement concernées que pour leurs proches. L’important est de ne pas se laisser décourager par une rechute, mais d’en profiter pour apprendre à mieux s’en protéger dans l’avenir. Le 15 novembre, les centres spécialisés dans toute la Suisse vont sensibiliser la population au thème de la rechute et feront savoir aux personnes touchées et à leurs proches où ils peuvent se faire aider.

«Je suis reconnaissant d’avoir connu cette rechute», dit Sandro Fricker (nom fictif), «car je sais maintenant que l’alcool est plus fort que moi et que je peux pas boire pour le plaisir.» Pendant vingt ans, Sandro Fricker était un buveur récréatif, connaisseur des vins et amateur de bière, qui n’a jamais perdu le contrôle de sa consommation. Puis sa femme s’est suicidée et il s’est retrouvé seul avec ses deux filles. M. Fricker a commencé à boire du vin le soir pour atténuer sa souffrance, du vin bon marché, une demi-bouteille pour commencer, ensuite toute la bouteille, puis de plus en plus.

«Comme si je regardais faire un étranger»
Au bout de dix ans d’abus massif d’alcool, Sandro Fricker s’est réveillé un matin derrière les fenêtres grillagées du secteur fermé d’une clinique psychiatrique. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il a reconnu qu’il était malade. Dans le groupe d’aide des Alcooliques Anonymes, il a trouvé le soutien et la force nécessaires pour rester sobre. Tout s’est alors bien passé pendant quatre ans, jusqu’à ce qu’il décide d’essayer de se remettre à boire pour le plaisir. Un premier verre de vin blanc, un autre quelques jours plus tard et finalement une bière – tout est resté sous contrôle. Jusqu’au moment où, trois semaines après, il est entré dans un magasin et a acheté une bouteille de vodka qu’il a bue très rapidement. «Je ne m’explique pas ce comportement, c’était comme si je regardais faire un étranger», dit M. Fricker. Pendant neuf mois, il a tenté désespérément de reprendre le contrôle, enjolivant son dérapage et se tourmentant ; il a connu d’autres rechutes, jusqu’à ce qu’il reconnaisse enfin: «Je ne peux pas y arriver et je ne dois plus toucher à l’alcool.»

Sandro Fricker est abstinent depuis vingt ans, se réjouit de sa «vie accomplie», qu’il ne mettrait pas en péril pour le meilleur vin du monde. «Mes activités dans la nature et la relation de nouveau intacte avec mes filles donnent un sens à ma vie», affirme cet homme qui a maintenant plus de 70 ans. Mais il dit aussi: «Je ne peux pas dire avec certitude que je ne boirai plus jamais. L’alcoolodépendance est une maladie incurable, elle nous accompagne jusqu’à notre dernière heure. Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, je ne boirai certainement pas. Et j’ai l’intention d’en faire autant demain.»

Ne pas céder à la honte, mais rechercher de l’aide
Sandro Fricker n’est de loin pas le seul à rechuter en essayant de se libérer d’une alcoolodépendance. Les spécialistes qui s’occupent de thérapie et de conseil pour les personnes dépendantes savent que les rechutes sont fréquentes et que, du point de vue strictement statistique, elles n’ont rien d’inhabituel.

Dans chaque cas particulier, les personnes touchées et leurs proches vivent souvent une rechute comme une grave défaite, voire comme une catastrophe. Les personnes qui vivent une rechute ont ainsi souvent tendance à céder à la honte, à rester seules avec leurs sentiments, risquant ainsi à aggraver encore leur situation. «Nous aimerions encourager les personnes concernées à chercher au plus vite un soutien», dit Sabine Dobler, membre de l’équipe de prévention de l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA). «Une personne qui comprend ce que signifie une rechute et ce qui se passe en cas de rechute se décourage moins vite. Rechuter ne veut pas dire que tous les efforts consentis ont été vains et que l’on repart à zéro; cela indique plutôt que l’on est encore en train d’apprendre.» Selon Sabine Dobler, les rechutes ne sont donc pas seulement des situations de crise, mais aussi une chance – à condition d’en profiter pour considérer le chemin parcouru et d’en tirer des enseignements. Les groupes d’entraide ou des spécialistes peuvent offrir un soutien utile à cet égard.

«Journée nationale sur les problèmes liés à l’alcool»: informer et encourager
La «Journée nationale sur les problèmes liés à l’alcool» était connue jusqu’ici sous le nom de «Journée de solidarité». Un nouveau logo et la refonte du site assurent une présentation homogène et visent à ancrer cette journée dans la conscience d’un large public. Dans le cadre de cette « Journée nationale sur les problèmes liés à l’alcool », qui aura lieu le 15 novembre, le public sera sensibilisé au thème de la rechute. En organisant des séances d’information et du théâtre de rue, les centres spécialisées dans les dépendances de toute la Suisse contribueront à lever le tabou pesant sur le thème de la rechute et à encourager des personnes touchées et leurs proches à profiter davantage des offres d’aide existantes. L’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies, en collaboration avec ses partenaires, publie une brochure intitulée « La rechute… » qui offre informations et conseils sur ce thème. Placée sous la devise « La rechute, une chance?!», la Journée d’action est organisée conjointement par le Fachverband Sucht, le GREA (Groupement romand d’études des addictions), INGRADO (centro di cura dell’alcolismo), la Croix-Bleue, les Alcooliques Anonymes (AA) et l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA). Vous trouverez une liste des activités dans les différentes régions sous www.journee-problemes-alcool.ch.

Des troupes de théâtre soutiennent sur place les centres régionaux
Le Fachverband Sucht a réalisé un concept permettant aux centres de bénéficier de la présence de troupes de théâtre préparés à cette action. Sous forme d’un théâtre de rue ingénieux, les acteurs et les actrices interpelleront directement les gens au sujet des «problèmes liés à l’alcool». «Avec nos techniques théâtrales, nous allons tenter d’illustrer, de façon brève et surprenante, le thème ‘La rechute, une chance’», dit Herbert Leodolter, le directeur du projet.

La responsabilité artistique a été confiée à Wolfgang Beuschel, concepteur et réalisateur de projets de formation continue en communication, arts figuratifs et nouveaux médias. Avec les artistes, il va préparer de courtes scènes qui pourront ensuite être jouées en les adaptant au contexte.

Ces actions se dérouleront dans une vingtaine de villes suisses. A chaque fois, 8 duos d’acteurs/trices proposeront leurs «interventions» pendant une heure environ, apportant ainsi leur soutien aux stands d’information présents sur place.
Les villes suivantes bénéficieront de cette action : Aarau, Baden, Bâle, Coire, Dietikon, Fribourg, Heerbrugg, Kreuzlingen, Landquart, Neuchâtel, Pfäffikon SZ, Schaffhouse, St-Gall, Thoune, Tramelan, Uzwil, Winterthour, Zurich. (Sous réserve de modifications)

Information : Corine Kibora
ISPA
Tél. 021 321 29 75
Courriel :ckibora@sfa-ispa.ch

Source : ISPA

Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , ,
Imprimer cet article Imprimer cet article

Liens et Informations

Entrer en lice en commentant, suivant ce que les autres ont a dire, ou en y référant depuis votre blog.


Autres articles
«Nuit blanche?» contribue aussi à la lutte contre la transmission du VIH et des IST
Boissons énergisantes, alcool et sexe: un cocktail dangereux

Commentaires de lecteurs

Désolé, les commentaires ne sont plus possibles.