Conférence des villes européennes sur la politique de la drogue
Un forum de 300 villes et collectivités territoriales européennes a ouvert jeudi à Venise une conférence de deux jours sur les politiques anti-drogue en réclamant un rôle et des financements accrus particulièrement dans la prévention, les soins et la réduction des risques.
Les villes sont “en première ligne pour répondre aux problèmes liés aux usages de drogues”, explique Thierry Charlois, coordinateur du projet “Démocratie, Villes et drogues”, au sein du Forum européen pour la sécurité urbaine (FESU), crée en 1987. Le projet a été reconduit par
La conférence, la troisième du genre après celles de Barcelone (2005) et de Gand (Belgique), doit permettre selon les organisateurs de confronter les résultats de trois années d’échange de pratiques entre villes européennes concernant les politiques anti-drogue. Elle réunit aussi bien des représentants de municipalités et de services sociaux de grandes villes ou régions européennes (Gênes, Vénétie, Rotterdam, Barcelone…) que d’organismes internationaux comme l’Observatoire européen des Drogues et des Toxicomanie (OEDT) ou le Bureau des Nations Unies sur les Drogues et la criminalité (UNODC). Sont également présents des magistrats, des responsables associatifs et des agences anti-drogue de pays de l’Est, notamment
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Selon le rapport 2006 de l’OEDT, les pays européens sont confrontés notamment à un retour des drogues dures avec une augmentation de la production mondiale d’héroïne et de cocaïne ainsi que la diversification des voies d’importation de ces produits dans les pays européens. Plus généralement, on constate dans l’UE un arrêt de la tendance à la baisse du nombre des décès liés aux drogues qui est stabilisé autour de 7.000 à 8.000 décès par an.
Enfin, la drogue est moins chère que jamais en Europe, les prix de l’héroïne et de l’ecstasy ayant par exemple chuté de plus de 40% en 5 ans.
Lors d’un manifeste publié fin 2006, les villes du forum demandaient notamment “que les autorités locales soient dotées des moyens et des marges de manoeuvre nécessaires à l’expérimentation de réponses innovantes respectueuses des libertés individuelles et tenant compte de la diversité des situations”. Elles considéraient que la question des consommations de drogues devait s’inscrire dans les politiques du secteur de la santé, estimant que “la politique répressive envers les consommateurs de drogues s’avère inadaptée à l’évolution des cultures et pratiques, maximalise les risques et accentue une stigmatisation portant atteinte à la citoyenneté de ceux-ci”.
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