Canada : Les jeunes consomment des «speeds» plus toxiques que la cocaïne
Les speeds qui se retrouvent présentement dans les rues de la région de Québec sont plus toxiques que la cocaïne. Pourtant, les jeunes qui les consomment croient dur comme fer qu’ils ne prennent pas de drogues dures.
Les drogues de synthèse, et particulièrement les speeds, sont en voie de devenir un véritable fléau pour certains jeunes, selon les spécialistes du Centre de réadaptation Ubald-Villeneuve (CRUV), spécialisé dans le traitement des dépendances. Les «pinottes» ne sont plus l’apanage des partys raves, mais circulent allègrement chez ceux qui travaillent de longues heures, dans l’hôtellerie, le camionnage ou dans les usines la nuit, disent-ils.
Trois spécialistes du CRUV rencontraient mardi la presse à l’occasion de
Selon Caroline Jacques, une travailleuse sociale spécialisée en toxicomanie et responsable des communications au CRUV, les plus récentes analyses de comprimés de speeds saisis dans la région de Québec démontrent une concentration presque pure en métamphétamine. Et certains en avalent de 20 à 30 par semaine, sans réaliser qu’ils épuisent leur système nerveux central et en porteront probablement des séquelles toute leur vie.
Accessible
Le problème, dit-elle, c’est que cette drogue ne coûte pas cher (de 3 à 5 $ le comprimé) et se passe aisément sous le nez des surveillants d’école, en plus de se consommer très facilement, contrairement à un joint de marijuana, par exemple. Son collègue Laurent Brisson dit pour sa part que certains ont commencé à sniffer les comprimés réduits en poudre, pour accélérer et accroître l’effet.
Cela dit, le cannabis demeure, et de loin, la principale cause de dépendance chez les jeunes, avec l’alcool. Par contre, la proportion de ceux qui en consomment quotidiennement est passée de 4,8 % en 2000 à 4 % en 2004. De façon plus générale, les dépendances ont atteint une sorte de plateau au sein de la population québécoise depuis 2000. «Un plateau élevé, mais un plateau quand même», dit le chercheur Joël Tremblay.
À l’urgence
Le CRUV a par ailleurs développé divers programmes pour aller chercher la clientèle là où elle se trouve. Un projet pilote est en cours à l’urgence du CHUL depuis juillet pour y approcher les personnes susceptibles de recourir à ses services. Et sur les 140 rencontrées depuis, «89 % avaient effectivement besoin de services comme les nôtres», dit Mme Jacques. Un intervenant est présent en permanence au centre de détention et le centre collabore avec des organismes de rue comme Point de Repère, qui distribue des seringues propres.
L’an dernier, le CRUV a donné des services à 3400 personnes. Depuis deux ans, sa clientèle a augmenté de 29 %. Une hausse qui ne reflète pas nécessaire un accroissement du problème, mais plutôt le fait que les gens sont davantage rejoints et les services mieux connus. Les clients sont normalement référés par les CSSS ou les médecins de famille.
Source : Cyberpresse
Mots-clés : Alcool, cannabis, client, cocaïne, cours, dépendance, drogues, école, jeunes, loi, projet, sniff, toxicomanie, Traitement
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