Prostituée, cadre, étudiant ou jeune errant, ils ont la cocaïne en commun
Drogue autrefois réservée à la “jet-set”, la cocaïne, dont la consommation ne cesse d’augmenter en Europe, s’est “démocratisée” ces dernières années, ayant désormais un large éventail d’adeptes: cadres, employés sous pression, jeunes en errance ou prostituées.

Vincent, 32 ans, fait partie des nouveaux milieux attirés par la poudre blanche. Commercial chez un concessionnaire d’une grande marque automobile en région parisienne, il a commencé “sur les conseils d’un collègue”. “Quand je lui ai parlé de mon angoisse de ne pas atteindre les objectifs (de vente) qui ont presque doublé en deux ans et de perdre mon boulot, il m’a dit « pour assurer, prends çà » en me tendant discrètement une ligne”, témoigne-t-il. Son collègue est devenu son fournisseur régulier et après le “sniff” du matin, Vincent se sent “rassuré, euphorique, brillant”. Bien sûr, en un an, ses sautes d’humeur ont augmenté et sa consommation aussi, car il est de plus en plus dur d’obtenir le “high” et d’y rester. Financièrement, il “galère”, même si le prix de la cocaïne a été divisé par deux en quelques années (de 120 à 60 euros le gramme environ). “Je ne suis pas un golden boy et ma femme n’est pas au courant”, explique-t-il.
Richard, lui, travaille en région parisienne comme cadre moyen dans une multinationale ayant infligé à ses salariés une succession de “plans de restructuration”. A 42 ans, il a changé trois fois de postes en cinq ans, contre sa volonté. “Les pressions sont très fortes, dit-il, “pour ne pas craquer, je me suis accroché à la coke”".
Abdel, 28 ans, patron d’une PME dans l’artisanat à Paris, noie aussi ses angoisses dans la “neige”. “Je me sens écrasé par les responsabilités face à quatre salariés”, avoue-t-il.
Julien lui est plus “cool”. Etudiant en droit à Paris, fils de bonne famille, à 20 ans, il ne pense “qu’à faire la fête” et pour cela “la poudre y’a pas mieux”, s’enthousiasme-t-il. A condition, dit-il, de l’associer à la prise d’alcool et de cannabis. Mais si en France, comme dans beaucoup de pays d’Europe, la cocaïne “se démocratise” en touchant notamment les employés et cadres moyens dans le milieu du travail, comme le souligne le professeur Philippe-Jean Parquet dans un récent rapport, ses consommateurs restent très diversifiés et principalement divisés entre les “socialement intégrés” et les “marginaux”.
Asia, 43 ans, se classerait plutôt dans la seconde catégorie. Sa dépendance à la cocaïne l’a amenée à la prostitution il y a plus de 10 ans. Aujourd’hui elle “exerce” dans une voiture, près du bois de Boulogne. “Je ne sais plus si je travaille pour me droguer ou si je me drogue pour oublier la douleur physique et psychique après une passe”, dit-elle. “Je suis enfermée dans cet enfer”.
L’enfer, Mathias connaît. Enfant abandonné, maltraité par sa famille d’accueil, il a plongé dans le crack - dérivé de la cocaïne à 16 ans. Deux ans plus tard, il vit dans un squat à Paris et est passé à des “cocktails plus intéressants”: héroïne et cocaïne injectées, “le speedball qui tue”. A 18 ans, son programme de vie est de “jouer avec la mort”.
Source : Mapinc
Mots-clés : cocaïne, consommation, crack, dépendance, drogue, europe, fête, france, jeunes, Prostitution, sniff, travail
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