Australie : Aborigènes, l’état d’urgence
« Aborigènes, l’état d’urgence » titre L’Express qui indique que « face aux maux » (alcool drogue violence) « qui accablent les premiers habitants de l’Australie, le gouvernement fédéral a décidé d’intervenir dans le Territoire du Nord et de rompre l’assistanat ».
Rappelant que le gouvernement a instauré il y a plusieurs mois des mesures d’urgence dans les communautés aborigènes du Nord “ravagées par l’alcoolisme et les violences”, notamment sexuelles à l’encontre des femmes et des enfants.
Le magazine souligne que le plan d’action comportait la prohibition de l’alcool et de la pornographie ainsi que la retenue à la source d’une partie des allocations familiales - seule ressource de la plupart des Aborigènes - «afin de prendre directement en charge les frais de cantine des enfants délaissés par des parents devenus dépendants de la drogue ou du jeu».
Jugeant que pour l’instant, à Hermannsbourg, où se sont rendus ses reporters, le plan d’urgence ne semble pas «avoir changé grand-chose», l’hebdo relève que selon une assistante sociale, «les adolescents continuent de boire à la fête organisée pour eux le vendredi soir et que nombre d’enfants sniffent encore l’essence, quand bien même les services sociaux fournissent un encadrement extra scolaire généreux».
Le magazine qui assure que l’ambition du Premier ministre est de «repenser de fond en comble la question aborigène» en rompant avec quatre décennies d’assistanat, relève que jusqu’à présent nul en Australie ne se souciait de ces citoyens-là, personne ne s’étant jamais mobilisé pour l’amélioration de leur condition.
D’après l’Express, le Premier ministre a défendu l’ingérence du pouvoir fédéral dans les affaires du Territoire du Nord «avec des accents dignes d’un acte de contrition» et il a appelé à un référendum en 2008 ou 2009 pour inclure dans le préambule de
A Alice Springs «le ton est autrement critique», le directeur du Central Land Council, qui représente les propriétaires coutumiers de la région, blâme «une intervention précipitée et sans vision à long terme» même si, d’après le magazine, «il reconnaît que les mesures sur l’alcool et l’annonce de renforts de policiers sont bien accueillies.
Une militante de l’association «Génération volée» s’insurge pour sa part «Rendez vous compte : parce que je vis dans un “towncamp” (banlieue bâtie pour loger les nomades attirés par la ville ndlr), je n’ai pas le droit d’ouvrir une bouteille de vin avec mon barbecue dans mon jardin. Ce n’est pas de la discrimination raciale ça ?». Commentaire final de l’Express «A l’heure où l’Australie (…) connaît un boom sans précédent, il lui reste à prouver qu’elle est capable de réserver l’investissement minimal afin d’assurer l’avenir de ses premiers habitants».
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