La réduction des risques tient le cap – mais n’est pas encore à destination
En résumé, la 18e Conférence internationale sur
Les programmes visant une amélioration de la situation médicale, sociale et juridique des personnes consommatrices de drogues sont désormais bien implantés – toutefois l’intégration complète de la réduction des risques dans la politique en matière de drogue de tous les pays
A la fois plus différencié et plus global
Il est désormais incontestable que la réduction des risques a dépassé le stade des balbutiements. Plusieurs indices le prouvent comme, entre autres, la reconnaissance de la nécessité d’adopter des mesures spécifiques aux groupes cibles. Ces groupes cibles peuvent être des groupes ethniques, des détenus, des jeunes, des sans-abri ou des travailleurs du sexe. Si, dans le passé, les mesures se limitaient pour l’essentiel à la prévention du VIH/sida, les efforts aujourd’hui se sont nettement élargis. D’autres maladies, comme l’hépatite, la tuberculose ou le paludisme, mais aussi des risques sociaux et juridiques comme la stigmatisation, la discrimination ou l’absence de logement font l’objet d’une attention accrue. De plus, la réduction des risques ne se restreint plus, désormais, aux seules drogues illégales, mais inclut également l’alcool et la nicotine.
Réduction des risques : un droit humain
Gerry Stimson, directeur de l’IHRA, a souligné, lors de la conférence, les principes élevés de la réduction des risques qui s’appuient sur les droits humains à la vie, à la sécurité et aux soins médicaux. Toutefois, cette conception ne fait pas l’unanimité partout dans le monde; hormis dans les pays de l’AELE, au Canada et en Australie, la réduction des risques ne s’est pas encore imposée comme partie intégrante de la politique en matière de drogue. Les raisons à cela peuvent être aussi bien de nature politique ou juridique que sociale. En Russie par exemple, la remise de méthadone est toujours interdite. Dans de nombreux pays, les délits de drogue sont toujours passibles de la peine de mort. Des acteurs importants aux Etats-Unis et au Japon continuent de militer, lors de congrès internationaux, contre les activités visant à réduire les risques. Dans de nombreux pays, le ressentiment de la population civile entrave un travail efficace. A l’opposé, des nouvelles réjouissantes arrivent de nombreux pays d’Asie qui ont réagi à l’avancée des épidémies de VIH/sida par des programmes appropriés. En revanche, l’Afrique est toujours la lanterne rouge – essentiellement par manque de moyens financiers. En Amérique du Sud, le Brésil fournit un travail de pionnier; d’autres pays ne peuvent ou ne veulent pas encore s’associer à ce mouvement.
Engagement de
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a apporté, lors de la conférence de Varsovie, une contribution à la session «Harm Reduction Timelines», qui faisait le point sur l’évolution de la réduction des risques en Suisse, en Iran, en Russie et en Indonésie. Cette session constituait une exception dans la mesure où les exemples qui y étaient présentés émanaient de régions non anglophones. L’activité de
Une activité qui date des années 80 déjà
A la fin des années 80, une idée faisait déjà son chemin en Suisse, face à la situation précaire qui régnait sur la scène de la drogue: les personnes toxicodépendantes peuvent aussi recourir à un soutien social et médical si elles ne sont pas mesure de renoncer à la consommation de drogues illégales. Aujourd’hui,
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