Sida: une boîte romande en course pour un vaccin anti-VIH
Et si un jour le sida était éradiqué grâce à une start-up localisée à Nyon? Si le thème n’était pas aussi dramatique, cette supposition aurait de quoi faire rire. Pourtant, elle n’est pas saugrenue. Basée à Nyon, Mymetics vient de réaliser une avancée importante dans l’élaboration d’un vaccin contre le sida.
Des tests réalisés aux Etats-Unis et en Chine sur seize singes viennent de démontrer que tous les primates vaccinés par le produit conçu par Mymetics ont développé des anticorps capables de vaincre le virus. «Seul un macaque n’a pas produit autant d’anticorps qu’espéré», indique le Dr Sylvain Fleury, directeur scientifique de Mymetics. Une première série de tests menés sur 42 lapins offrait des résultats similaires. Le vaccin contre le sida imaginé par Mymetics serait actif dans les muqueuses de l’organisme et non dans le sang. Il servirait uniquement à prémunir contre les transmissions par voie sexuelle. «Dans 85% des cas les gens sont contaminés par une exposition de leur zone génitale ou intestinale. Notre vaccin vise à en protéger les muqueuses par la production d’anticorps», précise Sylvain Fleury.
Le chemin jusqu’à la commercialisation d’un vaccin est encore long. Si toutes les phases d’études se déroulent avec succès, elle n’interviendra pas avant dix à quinze ans. Dès l’an prochain, des essais cliniques débuteront avec une quarantaine de femmes. Les tests auront lieu en Belgique. En effet, Mymetics confie ses recherches à des laboratoires du monde entier.
Directeur du centre de vaccination du CHUV à Lausanne, le Dr Pierre-Alexandre Bart trouve les résultats de Mymetics «très intéressants». Néanmoins ils sont à prendre avec des pincettes: «Récemment Merck a suspendu son projet de vaccin antisida car il y a eu plus d’infections dans le groupe de participants vaccinés que dans le groupe des non-vaccinés».
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