« Faut-il avoir peur du cannabis ? »
Le magazine Phosphore publie sept pages d’enquête sur ce produit, soulignant qu’un jeune sur deux a déjà goûté à cette drogue «que l’on dit douce », alors que «les alertes se multiplient sur ses effets néfastes».
Ouverture du dossier sur la «banalisation stupéfiante» de la consommation puisque presque la moitié des jeunes de 17 ans ont expérimenté le cannabis alors qu’ils étaient un sur 5 à l’avoir fait au début des années 90. Notant qu’aujourd’hui les Français font partie « des plus gros fumeurs de cannabis» d’Europe, le journal affirme que « l’accès au produit est devenu plus facile». Stéphane Legleye de l’OFDT parle aussi de «possible goût français pour le cannabis» et «d’attrait de la transgression, la loi étant très sévère en France».
Le magazine qui souligne que le joint s’expérimente vers 15 ans, relève cet argument de Lucas 16 ans «On a envie d’essayer pour savoir. C’est une drogue mais moins dangereuse que l’alcool». D’après Phosphore, «l’argument est très classique» et «la comparaison entre les dangers réels d’un produit licite et ceux, différents, d’une drogue interdite peut conduire à minimiser les effets de cette dernière».
Observant qu’un jeune de 17 ans sur dix est un fumeur régulier et qu’un sur vingt fume quotidiennement, le magazine signale que ce sont eux qui sont les plus concernés par les dangers du cannabis soulignés par les dernières études scientifiques. D’après le mensuel, depuis ces études, «la fumette apparaît moins anodine» et on peut noter une «légère baisse de l’expérimentation, même si le nombre de fumeurs quotidiens continue d’augmenter» avec des filles deux fois moins nombreuses que les garçons parmi les gros fumeurs. Le journal qui remarque que les filles sont un peu plus à l’abri des risques légaux car 77,2% d’entre elles se font offrir ce qu’elles fument contre 60,4% des garçons, précise qu’en revanche toutes les catégories sociales sont concernées, les consommateurs réguliers étant même un peu plus nombreux dans les milieux favorisés.
Un deuxième article sur «Les risques d’une drogue pas si douce» puisque le cannabis peut «mener au poste de police» et «plus sûrement à des problèmes de santé». Indiquant que nombreux sont les artistes qui «chantent les louanges» du cannabis, le mensuel rapporte que toutefois pour le psychiatre Jerôme Palazzo, cette drogue «est dite douce par opposition aux drogues dures ( …) mais malgré une durée d’action plus lente, le cannabis reste une drogue dangereuse pour la santé».
Le journal qui rappelle que le THC agit sur les neurotransmetteurs du cerveau, sièges du plaisir, des émotions et du raisonnement, note que pour le psychiatre Bruno Rocher «s’il possède des effets anxiolytiques à très court terme, à long terme il renforce l’angoisse», sachant que les risques varient selon les personnes et l’usage mais que plus on commence jeune plus le cannabis est dangereux.
D’après le magazine, même en petite quantité il provoque des altérations de la mémoire et de la perception, et la consommation régulière conduit quant à elle à une forte baisse de motivation, sans parler des «bads trips» ou bouffées délirantes, sachant que les gens qui ont des antécédents familiaux de maniaco-dépression ou de schizophrénie risquent de déclencher ces maladies.
Pour Jérôme Palazzo «chez les sujets fragiles, le joint est comme l’allumette qui fait exploser le baril de poudre». Suit un développement sur les dégâts que cause le cannabis sur la santé, dont le cancer du poumon et les troubles cardiovasculaires. La revue qui observe qu’avec le cannabis «on défie aussi la loi», relève que les peines prévues en France sont très lourdes mais rarement appliquées, et que la situation risque de changer avec la loi pour la prévention de la délinquance de mars 2007 qui diversifie les sanctions, avec notamment des stages de sensibilisation aux dangers du cannabis.
Affirmant qu’avec cette loi, la répression du cannabis au volant risque de s’intensifier, d’autant que sous l’influence de cannabis les conducteurs ont 1,8 fois plus de risque de causer un accident mortel, le mensuel fait état de nouvelles sanctions qui s’ajoutent aux peines prévues (retrait du permis, confiscation du véhicule).
D’après Phosphore,
Un point aussi sur «les consultations cannabis» au nombre de 280 en France, où «on peut parler du cannabis et des problèmes qu’il cause» sachant que l’objectif est «d’abord (de) se sentir mieux avant peut être de lâcher le joint». Zoom sur David, 19 ans «beau gosse, sportif et nerveux» qui «estime qu’il fume trop» car il «enchaîne» tous les soirs jusqu’à ce qu’il arrive à dormir. D’après le magazine, il a hésité devant les locaux de cette «Consult» mais une fois entré «il n’a pas l’impression d’être dans un centre pour toxico».
Soulignant qu’en 2006, les 280 centres ont reçu plus de 15000 jeunes et 12000 parents et proches, le mensuel observe qu’en ces lieux on ne parle pas que de cannabis. Le psychologue explique «On commence par faire un bilan d’ensemble (…) la plupart du temps il y a aussi les relations avec les parents (…) le niveau scolaire (…) les copains, etc. Et allez savoir ce qui est la cause et ce qui est la conséquence…».
D’après Phosphore, les jeunes, accompagnés ou non d’un proche, discutent d’abord avec des psychologues, infirmiers ou travailleurs sociaux, lors de séances anonymes et gratuite, puis l’équipe décide ensuite de les orienter vers un centre plus adapté ou de poursuivre avec eux. Notant que l’on rencontre «toutes sortes de profils» lors de ces consultations, des cas très graves et d’autres beaucoup moins graves, le journal relève que les filles consultent plus spontanément que les garçons mais sont minoritaires, 80% des consultants étant des garçons. Le psychologue déclare « notre travail ne consiste pas à les faire arrêter de fumer. Il n’y a pas de normes. Et un seul objectif: aller bien».
A noter dans ce dossier deux «quizz» de 5 questions chacun, à l’intention des jeunes lecteurs: «connaissez vous le cannabis?» et connaissez vous les risques du cannabis?».
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