Sida et hépatite C: le nombre de prisonniers infectés atteint un niveau très inquiétant


Alors que le taux de roulement dans les prisons québécoises s’avère fort intense, il faudrait que des tests de dépistage soient imposés à tous les prisonniers qui dans la plupart des cas ignorent leur état de santé réel. Force est de constater que le nombre de cas de sida et d’hépatite C augmente sans cesse et atteint un niveau alarmant chez la population carcérale.

Une vaste enquête de six mois, menée dans les prisons québécoises auprès de 1500 détenus de sept centres de détentions provinciaux, démontre que quelque 27 000 personnes purgent des peines de moins de deux ans. Parmi les détenus sondés, se dégagent les constats suivants :

  • un détenu sur quatre a déclaré avoir consommé de la cocaïne à l’intérieur des murs de la prison ;
  • quelque 80 % des détenus, hommes comme femmes, ont déjà consommé de la cocaïne ;
  • 4% des détenus ont reconnu avoir pris de la drogue, par injection, pendant leur incarcération ;
  • plus d’une fois sur deux, ils ont admis avoir partagé leur seringue avec un compagnon d’infortune ;
  • 27 % des détenus et pas moins de 43 % des détenues ont déjà touché aux drogues dures.On retrouve la même situation dans les prisons fédérales qui affichent par ailleurs un taux de roulement moins important.

    Le rapport de recherche, transmis début 2005 au ministère de la Sécurité publique révèle que « Les infections par le VIH et le VHC (le virus de l’hépatite C) constituent un problème de santé publique important dans les prisons, où la prévalence est principalement influencée par un pourcentage élevé d’utilisation de drogue injectables chez les détenus ».

    La prévalence du virus de l’hépatite C est préoccupante, Ce virus, très résistant, se propage beaucoup plus rapidement que celui du sida, selon Hélène Gagnon, de l’Université Laval, coordonnatrice de l’enquête. La propagation se fait de diverses façons :

  • le contact avec du sang contaminé (surtout avec les aiguilles contaminées,
  • le tatouage,
  • l’injection de drogues),
  • le piercing,
  • les rapports sexuels non protégés avec des personnes infectées.Madame Gagnon rappelle par ailleurs que : « Avec l’apparition de l’hépatite C, la crainte est réelle. Le virus est beaucoup plus facile à attraper dans le sang que le VIH », explique-t-elle. « En prison comme à l’extérieur, la prévalence du VIH est stable depuis quelques années. En revanche, depuis deux ou trois ans, on assiste à une flambée d’hépatite C ».

    Source : Matinternet 

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