Un autre médicament pour arrêter de fumer


Les campagnes de sensibilisation contre le tabagisme se succèdent depuis plusieurs années et même la législation s’en mêle. Pourtant, le tabagisme est toujours un fléau. Considérant les grandes avancées technologiques et scientifiques, on peut se demander pourquoi il n’existe pas encore de moyens efficaces de sevrage tabagique. Le Salon équilibre santé forme qui se tenait à Québec ce week-end était l’endroit idéal pour chercher une réponse.

Au stand de la compagnie pharmaceutique Pfizer, on a appris qu’un nouvel agent pharmacologique est sur le marché depuis le printemps dernier, le médicament Champix. Il s’agit du deuxième comprimé du genre sur le marché. « Notre produit cible directement les récepteurs responsables de la dépendance à la nicotine. Cette dépendance est aussi forte que celle à l’héroïne ou à la cocaïne. Les patients passent donc par une période de sevrage », explique Claudine Morin, pharmacienne au Service d’information chez Pfizer Canada. Le deuxième comprimé luttant contre la dépendance du tabac est le Zyban, de Glaxo Wellcome.

Ordonnance
Le cachet se substitue à la nicotine. Il se prend deux fois par jour pendant 12 semaines, mais attention, c’est un médicament. Il est prescrit uniquement sur ordonnance médicale et maintenant couvert par la Régie de l’Assurance maladie. En définitive, c’est le généraliste qui déterminera quel moyen de traitement est le mieux adapté au patient : timbre, gomme, pastille, pilule, inhalateur, etc.

Près de 5% des personnes ayant arrêté le tabac seront abstinentes à long terme grâce à leur simple volonté. Écraser sa dernière cigarette ne s’improvise donc pas. Il faut établir un programme, consulter et pourquoi pas, fréquenter un groupe de soutien. Les chances de succès sont ainsi plus grandes. « De toute évidence, la volonté ne suffit pas puisque 95% des fumeurs vont continuer à fumer. Avec le Champix, 44% sont abstinents au bout de 12 semaines, puis 22% au bout d’un an », indique Mme Morin.

La tentation d’en griller une peut survenir à tout moment. C’est une dépendance, les rechutes sont alors fréquentes. Six à neuf tentatives d’arrêt sont recensées par individu pour devenir non-fumeur à vie, selon l’Organisation mondiale de la santé. Il peut y avoir des périodes d’abstinences conjuguées à des reprises. Rien n’est jamais sûr.

« La dépendance est physique, mais aussi psychologique et sociale. Au bout de 12 semaines, on développe de nouvelles habitudes. Au lieu de prendre une cigarette en même temps qu’un café, je conseille de prendre un journal. Il faut se détacher des habitudes entourant le tabac », recommande Claudine Morin.

Outils
Les autres outils qui éloignent briquet et cigarettes sont aussi efficaces. Il n’y en a pas un meilleur que l’autre. Chaque personne peut trouver la formule qui lui convient sur le marché. « Pas un produit n’est assuré d’un succès, même le nôtre a un taux d’échec. Il faut parler à son professionnel de la santé pour évaluer quelle option est la meilleure pour soi», précise Mme Morin.

Dans tous les cas, des envies répressives de fumer peuvent subvenir intensément jusqu’à un an après la cessation.

Le taux de tabagisme s’élève à 20% au Canada. La prévention a son bout de chemin à faire, à l’image du stand de Pfizer au Salon équilibre santé forme d’ExpoCité qui a pris fin aujourd’hui. Le médicament de cette entreprise pharmaceutique est d’abord sorti en août 2006 aux États-Unis. Il n’est pas miraculeux, la volonté est de rigueur avant tout.

Source : Canoë Infos

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