Le sida n’est pas jugulé parmi les homosexuels


Le nombre des diagnostics de sida est resté élevé l’an dernier en Suisse. Les autorités espèrent toujours voir reculer l’épidémie.

En tout, 735 nouveaux cas ont été enregistrés, un niveau similaire à 2006. S’il s’est aujourd’hui stabilisé, le nombre de diagnostics chez les hommes homosexuels a presque doublé depuis quatre ans.

Selon les premiers chiffres pour 2007 de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) publiés lundi, 735 nouveaux cas de contamination étaient enregistrés à fin décembre. Si l’on tient compte de déclarations encore à venir, on atteint le niveau élevé de 2006, soit 761 nouveaux cas.

Le virus a continué à se propager en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, constate l’OFSP. Depuis 2001, le nombre de déclarations au sein de ce groupe n’a cessé d’augmenter. En 2007, 302 cas ont été déclarés contre 160 en 2003.

Entre 2006 et 2007, la hausse est toutefois restée plus «faible» et a atteint 4% (+12 cas). Cela «laisse à penser que les mesures de prévention renforcées par l’Aide suisse contre le sida et ses organisations partenaires ont freiné l’augmentation annuelle», écrit l’OFSP.

Plusieurs causes

Plusieurs causes expliquent le fort taux d’infection chez les hommes homosexuels. L’une d’elles est la primo-infection, indique Thomas Lyssy, de l’Aide suisse contre le sida. C’est durant cette phase, c’est-à-dire les premières semaines qui suivent une infection, que le VIH se transmet le plus souvent.

Le nombre de virus est particulièrement élevé dans le sang alors que les anticorps ne sont pas encore détectables. De ce fait, une personne ne sait pas qu’elle est infectée au moment même où elle est la plus contagieuse, note M. Lyssy.

«Mission: Possible»

C’est pourquoi l’Aide suisse contre le sida a mis sur pied une nouvelle campagne de prévention intitulée «Mission: Possible», qui se déroule jusqu’en mai. Afin d’enrayer la spirale des infections, celle-ci préconise de se protéger systématiquement avec son partenaire pendant trois mois consécutifs, c’est-à-dire durant la phase critique.

Roger Staub, chef de la section sida de l’OFSP, place également beaucoup d’espoirs dans cette nouvelle campagne. S’il est possible de sensibiliser la scène homosexuelle pour qu’elle pratique une protection complète durant les trois premiers mois, il y aura à coup sûr un recul du taux de nouvelles infections, prédit-il.

Baisse chez les hétérosexuels

Selon l’OFSP, les diagnostics liés à une transmission entre personnes de sexe opposé ont poursuivi leur diminution entamée en 2004 pour atteindre 328 nouveaux cas en 2007, contre 362 en 2006. La baisse est surtout forte chez les Suisses (de 135 à 98 nouveaux cas). Seuls 14% de tous les cas diagnostiqués appartiennent encore à ce groupe.

Chez les femmes, le nombre de nouveaux cas a également continué à diminuer, passant de 80 en 2002 à 40 en 2007. Il y a en revanche eu davantage de nouvelles infections chez les migrant(e)s en provenance d’Afrique subsaharienne, soit 145 contre 137 l’an dernier.

Ces personnes sont en général déjà infectées lorsqu’elles arrivent en Suisse. Ce n’est que lors d’un autre problème de santé que l’on découvre qu’elles sont séropositives, explique M. Staub.

Enfin, les contaminations par des injections de drogue sont restées quasiment stables, passant de 60 nouveaux cas en 2006 à 61 l’an dernier.

60 décès

Quant aux décès dus au sida, l’OFSP en a recensés 60 en 2007, contre 101 l’année précédente. Ce chiffre devrait encore augmenter en raison de déclarations tardives.

En 1994, 686 personnes étaient décédées de la maladie. Ce recul depuis une dizaine d’années s’explique par les effets des médicaments antirétroviraux, selon l’OFSP.

Source : swissinfo et les agences

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