Le vaccin contre l’hépatite B refait parler de lui


La polémique sur la vaccination contre l’hépatite B revient sur le devant de la scène. Alors que deux laboratoires sont mis en examen, l’Académie nationale de médecine réaffirme l’innocuité du vaccin.

La mis en examen fin janvier de plusieurs responsables des laboratoires français Sanofi-Pasteur et anglais GlaxoSmithKline a remis sur le devant de la scène la polémique sur la vaccination contre l’hépatite B. Accusé par certains de déclencher des maladies neurologiques ou auto-immunes, loué par d’autres comme rempart incontournable contre le virus, le vaccin n’en finit plus de faire parler de lui.

Les laboratoires, eux, sont accusés de ne pas avoir suffisamment mise en garde contre les éventuels effets indésirables ou secondaires du vaccin contre l’hépatite B. L’Académie nationale de médecine, qui redoute une baisse des vaccinations, a réagi mercredi en affirmant que « les craintes à l’égard de la vaccination sont injustifiées ». Selon l’Académie, huit études nationales et internationales dédouanent le vaccin de toute responsabilité dans l’apparition de la sclérose en plaques.

Campagne nationale
La controverse remonte à la fin des années 1990. De 1994 à 1998, la France lance une campagne nationale de vaccination, suivant notamment l’avis de l’Organisation mondiale de la santé qui recommande une vaccination généralisée depuis 1992. En quatre ans, plus de 14 millions d’adultes et 7 millions d’enfants sont immunisés. Dès 1997, des plaintes de personnes vaccinées et ayant développé une sclérose en plaques sont déposées. La polémique est lancée et la France suspend sa campagne.

Aujourd’hui, la plupart des pédiatres recommandent la vaccination, mais le public demeure méfiant. Le taux de couverture vaccinale français est ainsi devenu l’un des plus bas d’Europe avec seulement un quart des nourrissons et enfant vaccinés.

Principe de précaution
Si l’Académie nationale de médecine le déplore, le son de cloche est bien différent auprès du Réseau vaccin hépatite B. L’association regroupe 2 600 victimes d’effets secondaires du vaccin. Pour le Réseau, la vaccination de masse contre l’hépatite B n’a pas lieu d’être, considérant cette politique comme démesurée par rapport à la situation épidémiologique du pays. Environ 300 000 personnes sont porteuses du virus en France. L’association penche plutôt pour la seule vaccination des populations à risque. De plus, elle remet en question la longévité des anticorps. Selon l’Institut national de veille sanitaire, la durée de protection est établie à au moins quinze ans. Et après ? Un bébé vacciné dans les premiers mois de sa vie sera-t-il encore protégé à l’âge adulte, période où il risque de contracter le virus ? Face à cette interrogation, Réseau vaccin hépatite B demandent l’application d’un principe de précaution.

Reste qu’en France l’hépatite B est responsable de la mort de 1 500 personnes chaque année. Le virus se transmet essentiellement par voie sanguine ou lors de rapport sexuel. Pour ce dernier mode de contamination, la protection passe par l’utilisation systématique de préservatifs.

Source : Metro

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