Dopage : les salariés aussi
Les sportifs ne sont pas les seuls à se doper pour rester dans la course : cadres, techniciens et ouvriers de tous secteurs d’activité ont aussi leurs substances miracle. Alcool, tranquillisants, cannabis, amphétamines ou cocaïne… un dopage risqué qui préoccupe les pouvoirs publics. Mais rares sont les entreprises qui ont mis sur pied une politique de prévention.
« La consommation de substances psycho-actives par les salariés ne préoccupe les entreprises que lorsqu’elle peut nuire à leur image ! » déplore Patrick Laure, docteur en santé publique à l’université de Paris-Orsay et chercheur en drogues de la performance. Or, le problème ne peut être pris à la légère : 15 à 20% des accidents du travail mortels seraient liés aujourd’hui, à l’usage de substances psycho-actives. Le chiffre est alarmant, mais la mobilisation des entreprises encore timide, comme le montre une récente enquête de l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) et de l’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) auprès de 800 DRH et dirigeants d’entreprises. Si pour 62% des DRH, le risque alcool reste la préoccupation majeure, l’usage des drogues et du cannabis inquiète sérieusement 49% des sondés. Or, 56% des DRH se sentent démunis pour faire face au problème des addictions et 69% des entreprises n’ont jamais mené d’actions de prévention !
Déni
Pourtant, depuis ces dernières années, les campagnes d’informations se multiplient. En témoigne le dernier rapport 2006 de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) qui insiste sur la nécessité de « lever le déni sur les conduites addictives dans le monde du travail » et de construire une politique de prévention relevant de la problématique de santé et de sécurité. Le prochain plan gouvernemental 2008-2012 de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool, qui sera rendu public d’ici à cet été, n’infléchira pas cette position. « Plusieurs études chiffrées vont être lancées afin de pallier le manque de données sur les drogues en milieu professionnel », prévoit-on à
E
Responsabilité civile et pénale de l’employeur
Sur le lieu de travail, toutes ces substances n’ont certes pas le même impact. Il faut distinguer l’usage licite de substances (médicaments anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, tabac et alcool, sous condition) de l’usage illicite (opium, héroïne, cocaïne, codéine, amphétamines, ecstasy, LSD etc.). Dans ce dernier cas, il y a lieu d’agir. « L’employeur, qui est tenu d’assurer la protection physique et mentale de son personnel, a par conséquent une responsabilité civile et pénale », rappelle Bernard Gbézo, directeur de formation de Solve, un programme de prévention du stress, de la violence et des addictions mis en place par le Bureau international du travail (BIT). La responsabilité civile de l’employeur peut en effet être en cause en cas d’accident du travail due à la consommation ou à l’introduction de drogues dans l’entreprise. Sa responsabilité est aussi engagée en cas de dommage causé à d’autres collaborateurs ou à des tiers par un salarié ayant consommé de la drogue. Par ailleurs, exposer un personnel à un risque de mort ou de blessure, par violation d’une obligation de sécurité, constitue un délit.
Test de dépistage chez ExxonMobil
Conscientes de ces risques, certaines entreprises comme
Un service déjà expérimenté à l’association “
Un exemple, celui de Jean-Luc Hulin, ancien alcoolique et responsable qualité chez Areva, à Jeumont (Nord) qui, en
Source: www.novethic.fr
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