L’hépatite C au coeur des préoccupations de la réduction des risques
Journée nationale de
Les chiffres se passent de commentaire: 35’000 à 70’000 personnes atteintes d’hépatite C en Suisse; environ 2500 nouveaux cas de maladie diagnostiqués chaque année, dont 50 à 60% parmi les consommateurs de drogues; jusqu’à
Grand déficit en matière de prévention et de thérapie
Les lieux d’accueil bas-seuil proposent, certes, des tests d’hépatite C, mais peinent encore à motiver les consommateurs de drogues par voie intraveineuse à suivre une thérapie, comme l’ont montré divers intervenants dans leurs présentations. Il y a plusieurs raisons à cet échec: d’abord, un manque de conscience du problème compte tenu du caractère insidieux de la maladie et de la longue période d’incubation. Ensuite, bien des consommateurs de drogues ont peur des effets secondaires ou ne considèrent pas une thérapie de l’hépatite C comme urgente. Enfin, la sévérité des règles d’admission, comme l’obligation de se soumettre à un programme de substitution (à la méthadone ou à l’héroïne), des mécanismes discriminatoires dans le système des soins et la non-atteinte des migrant-e-s à travers les campagnes de prévention sont autant d’obstacles à une adhésion plus forte à une thérapie. Quant à la situation en milieu carcéral, le rapport d’un médecin des prisons est éloquent sur les opportunités manquées: alors que les prisons seraient des lieux où la prévention et la thérapie pourraient s’implanter, l’échange de seringues est entravé, ce qui conduit inévitablement à de nombreuses nouvelles infections.
Il faut donc s’attendre, dans un proche avenir, à une augmentation des problèmes de santé causés par l’hépatite C. 80% des cas aigus et non traités conduisent à une pathologie chronique qui, à son tour, engendre chez un patient sur deux entre
Campagne nationale de sensibilisation HEPCH à partir de l’été 2008
Au programme de
Le message sur l’hépatite C parviendra aux consommateurs de drogues par l’intermédiaire des professionnels en dépendances, des travailleurs de rue et des pairs. Le premier objectif de la campagne est de réduire le nombre de nouvelles infections à l’hépatite C chez les consommateurs de drogues, d’améliorer l’accès aux traitements et de transférer en permanence les nouvelles connaissances sur la maladie aux professionnels et aux consommateurs de drogues.
La collaboration entre les quatre piliers de la politique en matière de drogue
La seconde partie de la manifestation était consacrée à la question de savoir comment améliorer la collaboration entre les professionnels des quatre piliers de la politique en matière de drogue dans une optique de réduction des risques. Des exemples concrets et actuels concernant les quatre piliers de la politique en matière de drogue ont fait l’objet de discussions au sein de différents ateliers. Ils ont fait apparaître de fortes différences entre les régions, mais aussi le manque de procédures et d’espaces de collaboration formalisés. La diversité des offres et des tâches qui caractérise également le travail avec les clients, requiert chez les professionnels impliqués davantage de connaissances sur les possibilités communes d’intervention. Pour affronter ces problèmes, il faut encourager les canaux d’échanges interinstitutionnels à tous les niveaux – et pas seulement au niveau de la direction – afin de permettre une collaboration plus efficiente et dépassant le cadre de chaque pilier isolément.
Contact: Thomas Egli, Section Drogues, thomas.egli@bag.admin.ch
Le credo de la réduction des risques
Lorsqu’on ne peut empêcher la consommation de drogue, il faut tenter d’en réduire au maximum les dommages indirects en créant, comme dans certaines grandes villes, des offres à bas seuil (foyers d’urgence, locaux de consommation ou remise de seringues stériles). La réduction des risques, désormais ancrée dans la loi révisée sur les stupéfiants, est l’un des quatre piliers de la politique en matière de drogues suisse aux côtés de la prévention, de la thérapie et de la répression.
Source: Spectra 67
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