L’ONU tente de réduire la fabrication d’héroïne en Afghanistan
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté mercredi une résolution visant à améliorer les contrôles sur le commerce international des “précurseurs chimiques” de l’héroïne, afin de réduire la production de cette drogue en Afghanistan.
Ces “précurseurs” sont des produits chimiques, parmi lesquels l’anhydride acétique, qui entrent dans la fabrication de l’héroïne à partir de l’opium.
La résolution 1817, rédigée par la France avec le soutien de Kaboul, a été adoptée à l’unanimité, à la veille de la conférence internationale de Paris sur le développement et la reconstruction de l’Afghanistan, dont un des volets portera sur la lutte contre le trafic de drogue.
Elle appelle tous les Etats à renforcer leur coopération contre la production illicite et le trafic de drogue en Afghanistan, “notamment en améliorant la surveillance du commerce international des précurseurs chimiques, y compris, entre autres, l’anhydride acétique”.
Les Etats sont appelés notamment à “empêcher que ces substances soient détournées des circuits commerciaux internationaux licites, aux fins d’utilisation illicite en Afghanistan”.
La résolution appelle également les Etats, notamment les voisins de l’Afghanistan, à accroître leur coopération avec le Bureau international de contrôle des drogues (INCB).
Dans son rapport 2007 paru en mars, l’INCB affirmait que la disponibilité de l’anhydride acétique en Afghanistan contribuait grandement au trafic d’héroïne. L’anhydride acétique est une substance contrôlée aux termes de la Convention de l’ONU contre le trafic illicite de drogues et de substances psychotropes.
Avec 8.200 tonnes en 2007, selon l’ONU, l’Afghanistan représente à lui seul 93% de la production mondiale d’opium, dont l’héroïne est un dérivé.
Le secteur rapporte 4 milliards de dollars par an, dont une partie sert à financer les talibans, dont l’insurrection menace le gouvernement soutenu par la communauté internationale.
“Le trafic de drogue en Afghanistan sape les efforts en matière de gouvernance, constitue une source de financement du terrorisme et alimente les menaces contre la sécurité et la stabilité du pays”, a déclaré l’ambassadeur de France adjoint, Jean-Pierre Lacroix, en se félicitant de l’adoption du texte.
“L’objectif est de mettre l’accent sur cette question, de renforcer la mobilisation internationale sur cette question particulière des précurseurs,” a-t-il dit.
L’ambassadeur des Etats-Unis, Zalmay Khalilzad, qui est d’origine afghane, s’est lui aussi réjoui de l’adoption de la résolution. Le message du Conseil de sécurité est que “c’est une question importante qui nécessite qu’on s’en occupe”, a-t-il dit.
La résolution demande aux pays exportateurs de signaler systématiquement toute exportation de produits chimiques précurseurs, afin de pouvoir distinguer entre les destinations licites et illicites de ces produits.
Source : AFP
Mots-clés : afghanistan, chimique, fabrication, héroine, limitation, précurseur, UNO
Imprimer cet article


