Les toilettes de la Riponne se transforment en shootoirs
Depuis un mois, six toilettes publiques sont installées sur la place. Elles sont utilisées par les toxicomanes.
Un besoin pressant? La ville a pensé à vous. Il y a un mois, elle a fait installer six WC chimiques à l’ouest de la place de la Riponne. Objectif: remplacer les anciennes toilettes de la place Arlaud et offrir une alternative au public, en attendant les vrais WC en dur prévus pour juillet. Seulement voilà: peu de Lausannois ont compris que ces cabinets leur sont dédiés. Sauf les toxicomanes, réunis autour de la fontaine située à cinq mètres de là. Et, à voir le message affiché à l’intérieur des toilettes, il semble qu’elles leur sont pratiquement destinées.
«Ces WC ne sont pas des salles d’injection!» lit-on en guise de précision sur une affichette collée au-dessus de la cuvette. Mais, «si vous le faites tout de même, merci de respecter les autres utilisateurs. Déposez le matériel usagé dans les box jaunes ou rapportez-le au Distribus, en pharmacie, au Passage ou dans la poubelle à seringues située à côté des cabines téléphoniques».
Inutile pourtant d’aller jusque-là. Sous le lavabo, à quelques centimètres de la cuvette, se trouve justement une de ces poubelles à seringues. Une petite boîte jaune, en plastique, juste assez entrouverte pour qu’on puisse y compter les seringues. Hier, à midi, les récipients étaient d’ailleurs pleins. De quoi choquer les passants.
«Ce message ne m’inspire pas confiance, raconte Isabelle, 23 ans. On dirait que ces espaces sont dédiés aux drogués. Je préfère aller dans les WC d’un café ou du parking de la Riponne.» Mais ces derniers sont désormais fermés aux non-usagers du parking. Parce que… trop fréquentés par les toxicomanes.
Du coup, les toilettes chimiques deviennent très prisées. «A part les drogués, personne n’utilise ces WC, s’exclame une commerçante. Ce sont des shootoirs notoires!» «Moi je crains surtout pour les enfants, qui peuvent facilement prendre une seringue dans la boîte avec leurs petites mains», s’inquiète Charles.
Une autre passante, Maya, ne savait même pas que ces cabinets sont publics. «Je croyais qu’ils servaient aux ouvriers du M2. Mais j’y réfléchirai à deux fois avant d’y aller. Pourquoi avoir installé des poubelles à seringues dans ces cabines exiguës, près des pieds des utilisateurs, alors qu’il y en a partout en ville?» Une question embarrassante pour les autorités communales. Olivier Français, municipal des Travaux, s’étonne de l’installation de poubelles en plastique au lieu de récipients en métal, censés être plus sûrs. Mais il précise que son service n’est pas compétent en matière de toxicomanie. Et renvoie à Jean-Christophe Bourquin, municipal de la Sécurité sociale. Ce dernier affirme pourtant que ses services n’ont jamais été consultés pour l’installation de ces WC.
A voir, il y a là un bug quelque part. Olivier Français promet de mettre dès aujourd’hui «ce problème» sur la table de la Municipalité.
Source : 24 Heures
Mots-clés : injection, lausanne, Riponne, shootoir, toilette, toxicomane, wc
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