Loi sur les stupéfiants: partisans au front
Le comité interpartis “oui à la loi fédérale sur les stupéfiants” a lancé sa campagne lundi, six semaines avant les votations. La prescription médicale d’héroïne a fait ses preuves et le nombre de morts a nettement baissé, avance-t-il.
Dans les années 90, la politique de la drogue était un des soucis majeurs des Suisses, qui étaient alors confrontés aux images de détresse des scènes ouvertes de la toxicomanie telles le Platzspitz ou le Letten.
Le succès des quatre piliers
Aujourd’hui, ce sujet ne préoccupe quasiment plus la population, a souligné la conseillère nationale Jacqueline Fehr (PS/ZH) lundi lors d’une conférence de presse. Cette évolution n’est intervenue que grâce à la mise en pratique des instruments pragmatiques qui sont devenus les quatre piliers de la politique de la drogue: prévention, thérapie, réduction des risques et répression.
Fort de cet avis, le comité réunissant PS, Verts, Verts libéraux, PRD, PDC et PEV veut ancrer cette politique dans la loi. Les opposants, emmenés par l’UDC et l’UDF, misent uniquement sur la répression. Si la nouvelle Loi sur les stupéfiants est rejetée, ils seront responsables de la formation de nouvelles scènes ouvertes de la drogue, a averti Daniel Vischer (Verts/ZH).
Objectif, l’abstinence
Le conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PRD/ZH) a rappelé que la prescription médicale d’héroïne a pour but l’abstinence, à terme. Chaque année, 180 à 200 des quelques 3000 participants quittent les programmes pour passer à la méthadone ou à des thérapies de désintoxication.
Le nombre de décès dus à l’usage de drogue a passée de plus de 400 au début des années 90 à 152 en 2007. La criminalité lié aux stupéfiants a diminué de 60 à 90%, a renchéri la conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE). La politique de la drogue est un succès et a permis à la Suisse de faire oeuvre pionnière, puisque 83 pays s’en sont inspirés, d’après elle.
Source : ATS
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DEPENALISATION DU CANNABIS EN VOTATION
Les Suisses voteront par ailleurs sur la dépénalisation la consommation de cannabis. L’initiative qui veut libéraliser le chanvre sera soumise au peuple en même temps que la révision de la loi sur les stupéfiants, plus restrictive mais contestée par la droite dure. Le texte veut autoriser la fumette, ainsi que la possession, l’acquisition et la culture de haschisch pour l’usage personnel.
Le texte a été lancé après l’échec, en 2004 au Conseil national, d’un projet de dépénalisation similaire élaboré par le gouvernement. Le comité d’initiative regroupe des personnalités de tous bords, avec une majorité des représentants roses-verts et radicaux. Mais il comprend aussi des élus plus connus pour leur intransigeance comme les conseillers aux Etats Bruno Frick (PDC/SZ) et This Jenny (UDC/GL).
Leur constat: des centaines de milliers de personnes ont fumé ou fument des joints en Suisse. Le but de l’initiative est de mettre fin au décalage entre la loi et la réalité. Il s’agit aussi de résoudre la question de l’application très divergente de la loi entre cantons permissifs et adeptes de la répression, ces derniers se concentrant surtout en Suisse romande.
Autre argument des sympathisants, la dépénalisation déchargerait la police des cas de bagatelle et priverait les trafiquants et les mafieux de juteuses affaires. Les opposants se recrutent principalement dans les rangs du PDC, de l’UDC et des autres formations de la droite dure ainsi que chez les Romands de tous bords. Ils s’inquiètent de la banalisation du chanvre et du mauvais signal que constituerait la libéralisation pour les jeunes.
Le Conseil fédéral a lui aussi retourné sa veste et rejette, assez mollement, l’initiative. Un assouplissement des dispositions pénales pourrait créer des problèmes avec les pays voisins, avance t-il dans sa brochure au corps électoral. Plutôt que de mettre en danger la politique de la drogue, il faut laisser le temps de trouver une solution consensuelle sur le cannabis. La question ne doit en outre pas être réglée dans la constitution mais dans la loi sur les stupéfiants, estime le gouvernement.
Mots-clés : 30 novembre, drogue, loi, lstup, partis, stupéfiant, suisse, votation
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