La transmission du VIH par fellation est rare mais reste possible


Tout au long du développement de l’épidémie de VIH-sida, le risque de transmission bucco-génitale a toujours été controversé. Bien qu’il soit admit que le sexe oral présente un risque nettement plus faible que le coït vaginal ou anal, le risque exact reste inconnu.

Une équipe de chercheurs a passé en revue l’ensemble des études traitant de la question. Sur 56214 items trouvés dans les bases de données scientifiques, un total de 10 études - toutes nord-américaines ou européennes - ont été sélectionnées. Ces études estiment les probabilités de transmission ; les probabilités d’incidence ; les probabilités par sujet séronégatif dont le partenaire est séro-interrogatif ; et les probabilités selon le type d’acte sexuel. Ces recherches portent sur des données concernant la fellation et le cunnilingus, entre partenaires hétérosexuels comme homosexuels. Etant donné le faible nombre d’études, une méta-analyse n’a pas été jugée appropriée.

Les chercheurs concluent qu’« il n’existe pas actuellement de données suffisantes pour estimer précisément le risque de transmission lors de rapports sexuels bucco-génitaux ». Et par conséquent, « le faible risque de transmission relaté dans ces études requiert que de plus larges et de plus nombreuses recherches soient effectuées pour fournir des preuves suffisantes afin d’en tirer des estimations plus précises. »

Le fait que peu de personne indiquent n’avoir qu’exclusivement du sexe oral limite ce bilan. Il parait donc difficile de déterminer son rôle dans les risques d’infection d’un individu. En outre, seulement 3 des 10 études ont été réalisées après la généralisation des multithérapies ARV, et il a été amplement démontré qu’une charge virale indétectable réduit radicalement le risque de transmission.

Dans une étude associée, des chercheurs suédois se sont intéressées à l’activité neutralisante de la salive : le sexe oral non-protégé développe une réponse neutralisante de la salive qui persiste dans le temps si l’exposition d’un homme séronégatif au virus de son partenaire séropositif est continue. Ces résultats peuvent expliquer pourquoi le risque de transmission lié au sexe oral est bien plus bas que le risque lié au coït vaginal ou anal

Références

1. RF Baggale, RG White, and MC Boily. Systematic review of orogenital HIV-1 transmission probabilities. International Journal of Epidemiology 37(6) : 1255-1265. December 2008. (Abstract).

2. K Hasselrot, P Saberg, T Hirbod, and others. Oral HIV-exposure elicits mucosal HIV-neutralizing antibodies in uninfected men who have sex with men. AIDS. December 24, 2008 [Epub ahead of print]. (Abstract).

Source : The Warning

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