Sida: il faut de nouvelles stratégies pour les toxicomanes, estime l’ANRS


L’agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) estime que la politique française de réduction des risques pour les toxicomanes, qui s’appuie sur l’échange de seringues et l’offre de méthadone, porte ses fruits mais qu’il faut “de nouvelles stratégies”.

A la veille de l’ouverture de la 18e conférence internationale sur le sida, dimanche à Vienne, l’ANRS rappelle que la réduction des risques chez les usagers de drogues par voie intraveineuse (UDVI), qui sera “au coeur” de la Conférence, a débuté en France en 1987 avec la libéralisation de la vente des seringues dans les pharmacies puis, au milieu des années 90, la mise en place de programmes d’échanges de seringues.

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Après le rapport de l’Inserm, Mme Bachelot, Ministre de la Santé, doit lancer l’expérimentation des salles de consommation de drogues à moindre risque


Suite à l’installation le 19 mai 2009 d’une salle de consommation de drogues à moindre risque, Mme Bachelot avait annoncé à l’Assemblée Nationale qu’elle attendait les résultats d’une expertise collective sur la réduction des risques confiée à l’Inserm pour se prononcer sur leur expérimentation. C’est chose faite depuis vendredi, l’Inserm ayant mis en ligne sa synthèse.

Le rapport prend acte que la réduction des risques est à un tournant. Si elle a pu réduire les risques de contamination VIH, les overdoses et améliorer l’accès aux soins, elle a aussi atteint certaines limites : elle ne touche pas forcément les populations les plus marginalisées, elle a du mal à prendre en compte les nouvelles pratiques des consommateurs de psychostimulants et injecteurs de cocaïne, et peine à réduire les contaminations par l’hépatite C…

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Drogue : pour réduire les risques, il faut réduire les inégalités de santé


PARIS - La réduction des risques chez les usagers de drogues ne doit pas se réduire à la seule mise à disposition d’outils tels que du matériel d’injection, mais faire partie d’une stratégie globale de réduction des inégalités sociales de santé, estime l’Inserm.

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale a publié vendredi les résultats d’une expertise collective visant à étudier les dispositions de réduction des risques (RDR) chez les usagers de drogue, mises en oeuvre dans différents pays.

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Au Quai 9, à Genève, accompagnement social et shoot propre


Impossible de ne pas le remarquer : le lieu dit Quai 9, situé derrière la gare de Cornavin, est un gros baraquement vert, planté au milieu d’un carrefour. Plus de cent toxicomanes se pressent chaque jour dans cet espace pour consommer les drogues qu’ils apportent, échanger des seringues et discuter. Ouvert en 2001 par Première Ligne, association genevoise de réduction des risques liés aux drogues, la seule salle de ” shoot ” de Genève (sur une quinzaine en Suisse) est accessible de 11 heures à 19 heures, encadrée par cinq infirmiers et travailleurs sociaux. Passé la porte, on est prié de mettre ses préjugés au placard.

Samedi 19 juin, 10 h 50, Valérie, infirmière, fait visiter les lieux : une grande salle lumineuse avec deux tables en bois, des plantes vertes et un bar ; et un local d’injection auquel les usagers accèdent munis d’un ticket. Son décor est pimpant. Six petites tables blanches aux allures de pupitres d’écolier sont réservées aux shoots. Il y a aussi deux tablettes pour sniffer et un endroit fermé et ventilé pour inhaler cocaïne et héroïne. Pourvu qu’il soit majeur, et apporte son produit, chaque visiteur reçoit un kit - seringue, cuillère, désinfectant -, puis s’exécute, sous l’oeil attentif du personnel.

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Drogues : débat autour de la création de salles de consommation


Ce dispositif de réduction des risques est réclamé par les associations. Le gouvernement hésite.

Voici des résultats qui ne manqueront pas d’être commentés. Depuis 2002, l’opinion des Français sur les drogues, licites comme illicites, s’est durcie, selon l’enquête EROPP 2008, réalisée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et présentée avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), lundi 21 juin. Le président de la Mildt, Etienne Apaire, y voit un ” lien avec la politique menée ces dernières années “, et notamment les discours prohibitionnistes tenus sur les dangers des drogues.

L’enquête EROPP est opportunément publiée alors que doit être présenté aux associations d’aide aux toxicomanes, jeudi 24, un bilan d’étape de l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur la réduction des risques chez les usagers de drogue. Ce travail donnera lieu à des recommandations aux pouvoirs publics, publiées fin juin. Il est très attendu car il comporte un volet sur les salles de consommation - un dispositif dont l’implantation éventuelle en France fait polémique entre les partisans de la réduction des risques et le gouvernement depuis plus d’un an.

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A propos

Cette « revue de presse de première ligne» sur le thème des dépendances, des toxicomanies, des drogues, des addictions est une synthèse de l'actualités, des analyses et opinions des médias. Elle ne peut en aucun cas être interprétée comme reflétant le point de vue de son auteur. Pour information, la revue de presse de Première ligne est réalisée à partir de la presse quotidienne nationale et internationale, de la plupart des hebdomadaires et mensuels, et de différents sites internet.